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Vers une troisième épreuve pour obtenir le permis de conduire ?

Véritable parcours du combattant pour certains apprentis automobilistes, l’obtention du permis de conduire est un défi à relever pour plus d’un million de personnes en France chaque année.

Après le code et l’épreuve de conduite, une troisième étape pourrait devenir obligatoire pour les futurs conducteurs. Une réforme majeure, fruit d’une harmonisation au niveau européen, s’apprête à rendre l’obtention du permis un peu plus compliquée.

Obtenir son permis relève déjà du défi pour de nombreux candidats

Aujourd’hui, obtenir son permis est un processus long et complexe pour beaucoup d’apprentis automobilistes. La première étape consiste à réussir l’examen théorique général, le fameux “Code”. Cette épreuve est déjà loin d’être une simple formalité. Sur 40 questions portant sur le Code de la route, les candidats doivent obtenir 35 bonnes réponses minimum. Le seuil est élevé, et beaucoup de candidats s’y prennent à plusieurs fois avant de finalement passer l’examen. En France, seulement un peu plus de 50 % des candidats parviennent à passer le Code dès leur premier essai, ce qui témoigne de la difficulté de l’examen.

Le second défi majeur de l’épreuve pratique présente lui aussi un taux de réussite relativement faible. Lors de l’examen, le candidat doit être capable de s’installer correctement dans le véhicule, effectuer les réglages nécessaires, conduire en ville et hors-agglomération, stationner avec différentes manœuvres… Bref, avec le stress de l’examen, presque la moitié des candidats échouent au premier essai. Selon la Sécurité Routière, seulement 56 % des permis sont obtenus au premier essai.

Une nouvelle proposition de loi pourrait ajouter une troisième étape

Au-delà du Code et de l’examen pratique déjà exigeants, une nouvelle proposition de loi pourrait rendre l’obtention du permis un peu plus difficile. Cette proposition vise à instaurer une visite médicale obligatoire pour tous les titulaires du permis de conduire. Déjà obligatoire pour certains conducteurs professionnels, comme les routiers par exemple, la visite médicale serait alors étendue à tous ceux qui obtiennent leur permis, quel que soit leur âge. Le projet de loi, actuellement à l’étude, prévoit un renouvellement de la visite médicale tous les 15 ans pour les permis A et B, et tous les 5 ans à partir de 70 ans.

Considérée comme une “stigmatisation injuste des seniors” par l’association 40 millions d’automobilistes, la proposition suscite de nombreuses critiques. Certains y voient une restriction des libertés pour les conducteurs seniors, et d’autres dénoncent le risque d’une éventuelle surcharge administrative.

L’harmonisation européenne : une pression de longue date

Si cette éventuelle nouvelle étape d’obtention du permis fait débat, c’est aussi parce que l’Union Européenne travaille à l’harmonisation des permis de conduire dans tous ses États membres. L’idée est de faciliter la circulation des citoyens européens entre les pays de l’Union, quelle que soit leur nationalité. Ainsi, la visite médicale ferait partie des éléments imposés dans tous les pays de l’Union pour l’obtention et le renouvellement des permis de conduire. D’autres éléments font partie des projets de l’Union dans le cadre d’une réforme complète du permis de conduire en Europe qui a déjà commencé il y a quelques années, et qui a des objectifs précis pour les années à venir :

Tout d’abord, nous avons eu droit aux nouveaux permis de conduire harmonisés en 2013, avec l’abandon du fameux permis rose au profit du nouveau permis au format carte bancaire. Cette ébauche d’un permis européen commun permet déjà de faciliter la reconnaissance des permis entre les États membres.

Plus récemment, un accord a été conclu entre le Parlement européen et le Conseil pour moderniser la directive du permis de conduire avec des nouvelles règles. Ces mesures comprennent notamment :

  • L’introduction d’un permis de conduire numérique accessible via le portefeuille numérique européen, avec maintien possible d’une version physique.
  • Le renforcement de la formation, en particulier pour les nouveaux conducteurs, incluant une période probatoire d’au moins deux ans.
  • L’obligation de renouveler le permis de conduire tous les 15 ans pour les voitures et motos (avec possibilité de 10 ans dans certains États) et tous les 5 ans pour les poids lourds et bus, avec un examen médical à l’obtention initiale, sans contrôle médical systématique à chaque renouvellement.
  • La possibilité de passer le permis dans son État de résidence et non seulement dans celui de sa nationalité, afin de faciliter la mobilité entre les pays.

Malheureusement pour certains automobilistes, les sanctions pourront aussi être uniformisées. Le projet évoque par exemple la possibilité du retrait de permis étendu à toute l’Union Européenne. La suspension d’un permis pourrait donc être à la fois prononcée et rendue effective dans n’importe quel pays de l’Union Européenne.

La France rattrape son retard

Cette réforme va aligner la France sur les pratiques de nombreux pays européens. En effet, plusieurs pays de l’Union européenne appliquent déjà une visite médicale obligatoire pour les conducteurs, en particulier à partir d’un certain âge, en général autour de 65 ou 70 ans. Voici une liste des principaux pays avec leurs modalités :

  • Portugal : examen médical obligatoire dès 40 ans, avec contrôles tous les 10 ans et renforcés dès 70 ans.
  • Italie : visite médicale à partir de 50 ans, avec fréquences de 5, 3 ou 2 ans selon l’âge.
  • Espagne : contrôle médical dès 65 ans, tous les 5 ans minimum.
  • Grèce et République tchèque : examens médicaux réguliers dès 65 ans.
  • Pays-Bas : test médical tous les 5 ans dès 75 ans.
  • Finlande, Irlande, Danemark : examen médical tous les 5 ans dès 70 ans.

Ces examens visent à vérifier l’aptitude physique et mentale à la conduite (vue, réflexes, santé générale, capacités cognitives) pour réduire les accidents liés à une perte de vigilance ou de réflexes chez les conducteurs âgés.

Pour les futurs conducteurs, cette nouvelle étape représente certes une contrainte supplémentaire, mais elle demeure bien moins stressante que les épreuves traditionnelles. Contrairement à l’apprentissage par cœur de la signification de panneaux rarissimes ou à la maîtrise délicate du créneau, la visite médicale relève davantage d’une formalité pour la grande majorité des candidats jeunes et en bonne santé.

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