Quand on parle de data centers dans l’espace, on pense immédiatement aux ambitions XXL d’Elon Musk ou de Jeff Bezos. L’idée parait simple dit comme ça : envoyer les serveurs là où l’énergie solaire est abondante et où personne ne viendra se plaindre de la consommation électrique ou du besoin en refroidissement.
Des « Lego » spatiaux pour héberger des puces IA
Chez Alatyr, le scénario est un peu différent. La start-up française, créée en 2023 par Emeric Lhomme et plusieurs anciens du secteur spatial, ne veut pas multiplier les satellites à usage unique. Elle prépare plutôt des sortes de plateformes modulaires capables d’être entretenues directement en orbite, comme le rapportent Les Échos.
Le principe : des structures principales conçues pour durer une quinzaine d’années, auxquelles on viendra raccrocher des « tuiles » informatiques contenant les puces d’intelligence artificielle. Ces dernières auraient une durée de vie beaucoup plus courte. « Les radiations finissent par abîmer les composants au bout de trois ou quatre ans », explique Emeric Lhomme.
Plutôt que de remplacer tout le satellite, Alatyr veut simplement changer les modules usés. Une approche qui ressemble davantage à une opération de maintenance qu’à une stratégie de consommation rapide de satellites. L’ensemble serait assemblé automatiquement par des robots, en orbite héliosynchrone, à plus de 1.000 kilomètres au-dessus de la Terre. Oui, cela ressemble un peu à une chaîne d’assemblage flottant dans le vide spatial.
Alatyr a en fait l’intention de créer de véritables clusters capables d’entraîner des modèles IA et d’assurer de l’inférence, autrement dit répondre aux requêtes des utilisateurs. Pour Emeric Lhomme, les infrastructures spatiales actuelles sont encore loin du compte. « La Station spatiale internationale ne produit que 200 kilowatts, c’est moins qu’une armoire Nvidia », résume-t-il. Selon lui, si l’on veut réellement envoyer de la puissance de calcul dans l’espace, il faudra changer complètement d’échelle.
Deux options existent alors : lancer des quantités astronomiques de satellites ou assembler de grosses infrastructures directement en orbite. Sans surprise, Alatyr préfère la deuxième solution. La start-up assure que son architecture permettra de conserver des serveurs très proches les uns des autres, avec des temps de réponse beaucoup plus faibles que dans les projets de constellations réparties sur des milliers d’unités. L’objectif est de reproduire le fonctionnement d’un vrai data center, à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes.
L’entreprise vise une première démonstration technologique en 2028. D’ici 2030, elle espère atteindre un mégawatt de puissance dans l’espace.
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