Cette semaine, Gen V reprend du service sur Prime Video. Cela fait maintenant deux ans que la petite sœur de The Boys n’avait pas donné de ses nouvelles. Le 17 septembre, Marie, Jordan et Emma feront une rentrée que l’on espère fracassante et qui promet déjà d’avoir toute son importance pour la franchise dans son intégralité. Gen V saison 2 sera essentielle à la compréhension du grand final de The Boys.
Mais la série n’a pas seulement vocation à remplir le vide laissé entre deux salves d’épisodes des aventures de Hughie, elle permet aussi d’en dire beaucoup sur la jeunesse… celle qui est désemparée face aux erreurs des précédentes générations. Retour sur la manière dont Gen V utilise les pouvoirs de ses héros pour en dire beaucoup sur nos sociétés.
Marie Moreau : une héroïne à sang pour sang ?
La découverte des pouvoirs de Marie Moreau est sans aucun doute l’une des scènes les plus violentes et les plus traumatisantes de l’univers étendu The Boys. En guise d’ouverture, la création de Michele Fazekas mettait en scène l’adolescente alors qu’elle découvre ses premières règles. Un événement important dans la vie de certaines personnes… mais qui prend une tournure encore plus dramatique lorsque du composé V est impliqué. Elle peut manipuler le sang, le sien ou celui de ses adversaires, pour fabriquer des armes,exploser des cervelles, jeter des poignards hémoglobines ou de créer des tentacules de sang pour déchiqueter tout ce qui passe.

Le choix de conférer à l’héroïne un tel pouvoir, et un tel traumatisme n’est pas anodin. Tandis que The Boys évoque et moque la politique mondiale, nos sociétés contemporaines, Gen V veut aborder des questions plus humaines, mais qui font écho à notre époque. Le cas de Marie est plutôt intéressant en ça qu’il apparaît être construit en complète opposition avec celui de Starlight. Si Annie a passé sa vie sous les projecteurs, entourée d’une mère envahissante qui ne voulait rien d’autre que faire d’elle une enfant star et une personne adulée de tous, Marie a dû se construire seule et avec une honte profonde de son pouvoir.
Le choix du sang rappelle évidemment le sentiment de honte et culpabilité que ressentent des milliards de femmes par rapport à leur corps, il y a encore quelques années, le sang des menstruations était présenté en bleu sur les publicités. Mais c’est aussi une occasion pour les scénaristes de placer l’héroïne dans une position plus ambivalente au delà de sa féminité. Le sang est nécessaire à la vie, Marie peut sauver des personnes atteintes d’hémorragie… autant qu’il peut précipiter la fin de quelqu’un. Chaque instant, Marie doit faire le choix de sauver ou condamner. Elle est à la fois bourreau et soignant.
Jordan Li : double je
Si les pouvoirs de Marie sont pour le moins inédits, ceux de Jordan Li sont plus communs. Comme Mystique chez les X-Men ou les Skrulls de Secret Invasion, Jordan peut changer son apparence à loisir. Sauf qu’à la différence de la plupart des personnages doués de métamorphose, iel peut seulement adopter deux apparences : féminine et masculine.
Sous son apparence féminine, le comparse de Marie peut lancer des décharges d’énergie. Elles peuvent étourdir ses adversaires. Jordan dispose aussi d’une agilité hors nome sous cette forme. Son apparence masculine lui confère néanmoins une indestructibilité et une insensibilité à la douleur. Sous ses deux formes, iel a une force surhumaine. Toutes ces capacités, couplées à sa maîtrise des arts martiaux, le rendent très puissant.

La fluidité de genre de Jordan Li est une référence évidente aux communautés “queer” dans le monde. À travers son parcours, la série évoque les difficultés que rencontrent les personnes LGBTQIA+ dans le monde. C’est particulièrement vrai à une heure où leurs droits reculent partout sur le globe. La première saison avait notamment évoqué les difficultés du personnage à trouver sa place dans une famille qui n’accepte pas sa forme féminine. La saison 2 devrait aussi le mettre sur le devant de la scène alors que Godolkin cherche à se racheter une image et à prouver l’inclusion dont elle fait preuve.
Emma : le monde est petit
L’amie de Marie dispose d’une particularité assez commune pour le genre superhéroïque. Comme Ant-man ou Atom chez DC, elle peut manipuler sa taille à demande. Sauf que ce pouvoir a un prix, elle doit se faire vomir ou au contraire manger à outrance pour devenir minuscule ou gigantesque. Star des réseaux sociaux, Emma est le symbole de la “culture diet”, ou, comme l’on pourrait le dire en 2025, de la trend du “skinnytok”.

Son personnage est une manière d’évoquer la manière dont les industriels agroalimentaires puis cosmétiques créent des troubles du comportement alimentaire chez de nombreuses femmes et hommes. Emma doit s’adonner à des comportements “destructeurs” pour activer son pouvoir. Dans le même temps, sous sa forme la plus petite, l’héroïne est réduite par ses camarades à des stéréotypes féminins, entre le mignon et le sexy. Une scène impliquant un autre élève rappelle aussi les rapports de domination auxquels sont confrontées les femmes.
Sam : un saut dans un autre monde
Sam Riordan est le frère de Luke, alias Golden Boy. Il n’a en revanche pas les mêmes aptitudes que lui. En effet, s’il partage sa durabilité surhumaine et sa force, Sam peut essentiellement sauter sur de grandes distances et créer des cratères géants à l’atterrissage. Il a aussi une excellente mémoire. Une particularité qui lui joue des tours puisque son passage par le laboratoire situé sous Godolkin a laissé des traces. Il est traumatisé et pourrait vriller à n’importe quel instant.

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