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Clone Robotics veut des robots avec des vrais muscles

Le pari un peu fou de Clone Robotics, une start-up née en 2021, est de doter ses androïdes de muscles artificiels. Ils peuvent ainsi bouger les bras, les mains et tout le reste avec la souplesse (et la maladresse ?) d’un vrai humain.

L’idée de Clone Robotics est de se débarrasser des moteurs classiques qui transforment les robots en machines rigides et lourdes. À la place, les ingénieurs ont mis au point des « muscles fluidiques » inspirés du corps humain. Il faut imaginer un tube en caoutchouc entouré de textile : on y injecte de l’eau sous pression qui se contracte et tire sur un os artificiel. Exactement comme un vrai biceps.

De l’eau à la place du sang

Le tout est animé par une petite pompe surnommée le « cœur hydraulique ». Pas besoin de bidon d’huile ou de recharges compliquées : l’eau reste dans le circuit, et si jamais il en manque, on peut carrément « remplir » le robot, comme s’il prenait une gorgée. Gloups.

Pour tester l’idée, l’équipe a commencé par s’attaquer à la main, la partie du corps la plus complexe. En 18 mois, ils avaient une main bionique opérationnelle. À partir de là, ils ont pu concevoir un premier corps entier en un an à peine. Autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps. Depuis, Clone Robotics a présenté plusieurs prototypes. En décembre, le Clone Alpha, leur premier humanoïde grandeur nature, et en février dernier, Protoclone V1 : un modèle doté de plus de 200 degrés de liberté, 1.000 fibres musculaires et 500 capteurs. Pas mal pour une startup encore jeune. Prochaine étape : le Neoclone, déjà en préparation.

Côté cerveau, les robots s’appuient sur des puces Nvidia Jetson, chargées de gérer la planification et le contrôle des mouvements. Des capteurs analysent tout : positions des articulations, force, longueur des muscles… Bref, un suivi serré pour éviter que le robot ne se prenne les pieds dans le tapis. Pour l’instant, la « peau sensible » attendra, mais l’idée est bien de lui donner un jour un vrai sens du toucher, histoire de manipuler des objets fragiles sans les écraser.

Reste encore à leur apprendre à marcher de façon fluide. Là, ça se complique, car simuler des muscles souples dans un environnement virtuel est beaucoup plus casse-tête que des robots rigides à moteurs. Mais le patron, Dhanush Radhakrishnan, en est persuadé : le jour où ses androïdes se baladeront seuls, « ça bluffera tout le monde ». La jeune pousse n’a pas encore fabriqué de Terminator, mais l’approche a le mérite de l’originalité : copier la nature au lieu de la contourner. À force de pomper, contracter et relâcher, ses robots finissent par ressembler un peu plus à nous. Mais est-on vraiment prêts à partager notre quotidien avec ces clones pas tout à fait humains ?

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