L’idée de Clone Robotics est de se débarrasser des moteurs classiques qui transforment les robots en machines rigides et lourdes. À la place, les ingénieurs ont mis au point des « muscles fluidiques » inspirés du corps humain. Il faut imaginer un tube en caoutchouc entouré de textile : on y injecte de l’eau sous pression qui se contracte et tire sur un os artificiel. Exactement comme un vrai biceps.
De l’eau à la place du sang
Le tout est animé par une petite pompe surnommée le « cœur hydraulique ». Pas besoin de bidon d’huile ou de recharges compliquées : l’eau reste dans le circuit, et si jamais il en manque, on peut carrément « remplir » le robot, comme s’il prenait une gorgée. Gloups.
Pour tester l’idée, l’équipe a commencé par s’attaquer à la main, la partie du corps la plus complexe. En 18 mois, ils avaient une main bionique opérationnelle. À partir de là, ils ont pu concevoir un premier corps entier en un an à peine. Autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps. Depuis, Clone Robotics a présenté plusieurs prototypes. En décembre, le Clone Alpha, leur premier humanoïde grandeur nature, et en février dernier, Protoclone V1 : un modèle doté de plus de 200 degrés de liberté, 1.000 fibres musculaires et 500 capteurs. Pas mal pour une startup encore jeune. Prochaine étape : le Neoclone, déjà en préparation.
Côté cerveau, les robots s’appuient sur des puces Nvidia Jetson, chargées de gérer la planification et le contrôle des mouvements. Des capteurs analysent tout : positions des articulations, force, longueur des muscles… Bref, un suivi serré pour éviter que le robot ne se prenne les pieds dans le tapis. Pour l’instant, la « peau sensible » attendra, mais l’idée est bien de lui donner un jour un vrai sens du toucher, histoire de manipuler des objets fragiles sans les écraser.
Reste encore à leur apprendre à marcher de façon fluide. Là, ça se complique, car simuler des muscles souples dans un environnement virtuel est beaucoup plus casse-tête que des robots rigides à moteurs. Mais le patron, Dhanush Radhakrishnan, en est persuadé : le jour où ses androïdes se baladeront seuls, « ça bluffera tout le monde ». La jeune pousse n’a pas encore fabriqué de Terminator, mais l’approche a le mérite de l’originalité : copier la nature au lieu de la contourner. À force de pomper, contracter et relâcher, ses robots finissent par ressembler un peu plus à nous. Mais est-on vraiment prêts à partager notre quotidien avec ces clones pas tout à fait humains ?
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