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Course à la Lune : la NASA vise toujours 2026 pour Artemis II, entre optimisme et incertitude

La NASA affiche sa confiance : Artemis II, étape décisive de son programme de reconquête lunaire, devrait bien décoller en 2026. Mais des doutes persistent, après des années de contretemps techniques et réglementaires.

La NASA a annoncé ce mardi qu’elle était sur la bonne voie pour renvoyer des astronautes en orbite de la Lune début 2026. Une perspective encourageante… mais qu’il convient de prendre avec des pincettes, sachant que le programme Artemis a enchaîné les perturbations majeures depuis plusieurs années.

Pour rappel, la toute première mission du programme de reconquête lunaire Artemis était censée décoller dès 2016. Elle n’est finalement partie que six ans plus tard, en 2022, après plusieurs reports majeurs liés à des soucis techniques.

Heureusement, la mission s’est relativement bien déroulée – mais il ne s’agissait que d’une étape préliminaire, où la capsule Orion a effectué un voyage autour de la Lune sans équipage à bord. Le plus dur restait à venir, et la NASA n’a pas tardé à en faire l’amère expérience.

Des retards à la pelle

L’objectif était d’enchaîner le plus rapidement possible avec Artemis II, la première mission habitée du programme. Malheureusement, le calendrier a été bouleversé à plusieurs reprises. À cause du retard d’Artemis I, le lancement a d’abord été repoussé à janvier 2024, puis à septembre 2025, avant d’être fixé au printemps 2026.

Mais entre-temps, les obstacles majeurs qui ont conduit à ces retards n’ont fait qu’empirer. De nouvelles inquiétudes ont par exemple émergé quant à la fiabilité de la capsule Orion et de l’immense lanceur SLS, qui ne répond toujours pas au cahier des charges de l’agence malgré une explosion des coûts et des délais. On peut aussi citer les nouvelles combinaisons spatiales, qui se sont retrouvées au cœur d’un imbroglio financier préoccupant.

L’immense SLS aura donné bien des maux de tête à la NASA. © NASA

Ajoutez à cela les innombrables retards dans le développement du Starship, l’immense lanceur de SpaceX qui devra être décliné pour servir d’atterrisseur lunaire, et vous obtenez une situation hautement problématique qui a forcé la NASA à reconsidérer certaines parties du programme.

Ces derniers temps, l’agence a donc pris soin de se montrer extrêmement prudente dans sa communication – une discrétion qui a poussé de nombreux observateurs à pronostiquer un énième report. Mais la NASA a finalement décidé de rassurer tout le monde lors d’une conférence qui s’est tenue ce mardi : malgré toutes les incertitudes, Artemis II reste officiellement programmée pour début 2026. L’agence vise même la toute première quinzaine de février, avec une marge de sécurité qui s’étend jusqu’au mois d’avril.

Ce qui est encourageant, c’est que pour la première fois depuis longtemps, ce calendrier semble faire l’objet d’un certain consensus interne. Même si la moindre anomalie technique pourrait encore rebattre les cartes, le programme Artemis semble enfin sur la bonne voie.

Une étape clé d’un programme critique

C’est une excellente nouvelle pour les amoureux de l’espace, qui rongent leur frein depuis plusieurs années… mais aussi pour l’administration Trump, qui a fait d’Artemis une de ses priorités. En effet, Artemis II est la dernière étape qui nous sépare du grand retour d’astronautes sur la Lune, prévu lors de la mission Artemis III.

Au-delà de la dimension scientifique, cette mission revêt aussi une importance stratégique et politique majeure. En plus de ramener des astronautes sur la Lune pour la première fois depuis plus de 50 ans, elle doit amorcer la mise en place d’une présence durable sur notre satellite, notamment en posant certaines bases logistiques qui permettront à terme de préparer la construction d’infrastructures permanentes… et peut-être un jour d’une véritable base lunaire. C’est en tout cas l’objectif revendiqué des principales puissances spatiales d’aujourd’hui, à commencer par la Chine – et les États-Unis n’ont évidemment pas l’intention de jouer les faire-valoirs dans cette « nouvelle course à l’espace ».

Nous vous donnons donc rendez-vous dans environ six mois pour voir si cette nouvelle deadline sera enfin honorée, ou si de nouveaux imprévus vont encore forcer la NASA à mettre de l’eau dans son vin.

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Source : NASA

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