Baptisé Calvin-40, ce nouveau robot conçu par la startup française Wandercraft n’est pas une simple démonstration technologique puisqu’il doit s’intégrer au cœur de l’industrie, aux côtés des ouvriers, pour soulager les tâches les plus pénibles.
Renault innove et investit
Renault a pris une participation dans Wandercraft, connue jusqu’ici pour ses exosquelettes médicaux qui aident des patients à remarcher. En s’alliant avec ce spécialiste de la robotique, le constructeur français affiche l’ambition d’être le premier en Europe à industrialiser l’usage de robots humanoïdes dans la production automobile.
L’objectif affiché est double avec d’un côté, l’amélioration des conditions de travail des opérateurs en réduisant les risques liés aux troubles musculo-squelettiques. De l’autre, le renforcement de la compétitivité en automatisant des postes exigeants physiquement ou dangereux.
Calvin-40, un humanoïde made in France
Le robot mis en avant porte un nom qui intrigue : Calvin-40. Sa conception n’aura nécessité que 40 jours, un développement éclair qui illustre la réactivité de Wandercraft.
Contrairement aux bras robotiques fixes ou aux cobots déjà présents dans l’automobile, Calvin adopte une morphologie humanoïde. Haut de près de 1,70 m, capable de se déplacer de façon autonome, il peut porter et manipuler des pièces lourdes, jusqu’à 120 kg selon le constructeur, et effectuer des gestes de contrôle ou d’assemblage.
Pour y parvenir, il intègre une IA dite “Vision Langage Action” (VLA), combinant reconnaissance visuelle, compréhension du langage et exécution d’ordres. Concrètement, Calvin est capable de voir, comprendre ce qu’on lui demande, et agir en conséquence.
Un déploiement dans l’usine de Flins
C’est sur le site de Flins, aujourd’hui transformé en “Refactory” pour la reconversion et le recyclage des véhicules, que Renault a présenté officiellement son humanoïde. Le choix n’est pas anodin car l’usine, vitrine de l’innovation du groupe, sert de laboratoire pour tester l’intégration de Calvin dans un environnement industriel réel.
Les premières missions confiées au robot concernent des postes dits “rouges” dans le jargon interne : travail en hauteur, manutention de charges lourdes, gestes répétitifs qui fatiguent les articulations. Renault insiste sur un point : ces robots ne sont pas là pour remplacer les ouvriers, mais pour prendre en charge les tâches les plus usantes.
Au-delà de l’innovation, le projet a une portée politique. Alors que Tesla, Hyundai ou BMW multiplient les annonces sur leurs humanoïdes, Renault entend placer la France et l’Europe dans la course. L’enjeu est aussi de produire ces robots à grande échelle, à des coûts comparables à ceux d’une petite voiture.
“Nous ne voulons pas dépendre uniquement des géants américains ou asiatiques”, souligne la direction. La fabrication de Calvin-40 pourrait d’ailleurs être internalisée dans les propres usines de Renault, contribuant à développer une filière robotique européenne.
Des défis à relever, des questions pratiques
Cependant, malgré l’enthousiasme, plusieurs questions demeurent. Quelle sera la fiabilité réelle de Calvin dans une usine où chaque arrêt coûte cher ? Comment ces humanoïdes vont-ils s’intégrer dans des chaînes déjà automatisées avec des robots spécialisés ? Quel sera leur coût de maintenance ?
L’acceptabilité sociale sera aussi un point clé, même si pour le moment Renault assure que les emplois ne sont pas menacés, la présence de robots capables de remplacer certaines tâches humaines risque de susciter des débats syndicaux.
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