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Streaming audio : plus d’un quart de la musique livrée est désormais générée par l’IA !

La musique générée par intelligence artificielle n’est plus une curiosité : elle occupe désormais une place significative dans l’industrie.

Selon les données communiquées par Deezer, près de 28 % des titres livrés chaque jour aux plateformes de streaming seraient entièrement produits par l’IA. Un chiffre en forte progression qui soulève autant de questions artistiques qu’économiques.

En janvier 2025, Deezer estimait que seulement 10 % des morceaux reçus provenaient de modèles d’IA. Le chiffre a presque triplé en moins d’un an, atteignant aujourd’hui un record de 28 %. Concrètement, la plateforme française reçoit quotidiennement plus de 30 000 titres “synthétiques”, générés via des outils comme Suno ou Udio.

Face à ce phénomène, Deezer revendique une position pionnière. Depuis juin, l’entreprise est la seule plateforme de streaming à signaler clairement les morceaux créés par IA. Ces titres ne sont pas intégrés dans les playlists éditoriales, ni recommandés par les algorithmes. L’objectif est de protéger la rémunération des artistes et limiter l’impact de ces contenus sur le partage des royalties.

Le spectre de la fraude

Au-delà de l’aspect créatif, Deezer pointe une dérive inquiétante : l’usage frauduleux de l’IA. L’entreprise affirme que jusqu’à 70 % des écoutes de morceaux générés artificiellement seraient en réalité manipulées, créant de faux streams pour capter indûment des revenus. Pour contrer cela, les écoutes suspectes sont exclues du calcul des royalties.

Selon une étude de la CISAC et PMP Strategy, près de 25 % des revenus des créateurs pourraient être menacés d’ici 2028 à cause de la montée en puissance de la musique générée par IA. Cela représenterait une perte potentielle de 4 milliards d’euros pour l’industrie musicale. Deezer a d’ailleurs signé la déclaration mondiale sur l’entraînement de l’IA, affirmant son engagement à défendre les droits des artistes face à l’utilisation d’œuvres protégées pour nourrir les modèles.

Une bataille technologique

Pour affronter cette vague, Deezer s’appuie sur un outil de détection maison, capable d’identifier la musique produite par les générateurs les plus populaires, et adaptable à de nouveaux modèles. L’entreprise a même déposé deux brevets fin 2024, afin de sécuriser ses avancées dans l’identification des contenus synthétiques.

Si la part des écoutes réellement attribuées à la musique IA reste pour l’instant faible (0,5 % sur Deezer), le phénomène ne cesse de croître. Entre opportunité créative pour certains et menace économique pour d’autres, la musique artificielle est désormais impossible à ignorer.

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