Depuis un an, Spotify est confronté à une avalanche de contenus créés par IA, souvent publiés par des « fermes de contenus » qui cherchent à engranger des revenus sans se soucier de la qualité. Selon l’entreprise, ces dérives « exploitent l’identité des artistes, fragilisent leur art et menacent l’intégrité même de leur travail ». Le géant suédois pose une ligne claire : seule l’imitation vocale autorisée par les artistes sera tolérée.
Un filtre anti-spam et plus de transparence pour les auditeurs
Cette politique s’accompagne d’un renforcement des mécanismes de signalement. Les musiciens pourront désormais alerter la plateforme sur une utilisation abusive de leur voix avant même la sortie d’un morceau. Spotify promet aussi de réduire les délais de vérification, afin d’éviter que des morceaux frauduleux ne soient mis en ligne trop longtemps.
Dans le même temps, d’autres plateformes de streaming ou de distribution musicale sont confrontées au même casse-tête. Les majors du disque poussent elles aussi pour obtenir des garde-fous clairs et éviter que l’IA ne détourne une partie des revenus. Plusieurs artistes ont déjà exprimé publiquement leur inquiétude face à des deepfakes vocaux qui circulent sans autorisation sur le web, certains allant jusqu’à demander des actions collectives pour encadrer ces pratiques.
Le chantier ne s’arrête pas là. Spotify prévoit de lancer à l’automne un filtre anti-spam musical. Objectif : identifier les tactiques abusives comme les morceaux artificiellement raccourcis, les doublons ou les téléchargements massifs destinés à capter indûment des redevances. Ces contenus, qualifiés de « médiocres » par l’entreprise, dégradent l’expérience d’écoute et privent les artistes authentiques d’une partie de leurs revenus.
Autre initiative : une meilleure transparence autour de l’usage de l’IA. Spotify participera à la mise en place d’un nouveau standard de métadonnées musicales élaboré par le consortium DDEX. Ce standard permettra aux artistes de préciser dans quelle mesure l’IA a contribué à la production d’un morceau. Les informations apparaîtront directement dans l’application. Le but est de donner aux auditeurs une lecture claire et nuancée, sans stigmatiser les créateurs qui utilisent l’IA de façon responsable.
Spotify rappelle que la musique a toujours évolué avec la technologie, des synthétiseurs à l’Auto-Tune. L’entreprise ne veut pas bloquer l’innovation, mais s’assurer qu’elle reste entre les mains des créateurs, et non d’acteurs opportunistes. « Certains artistes peuvent choisir de prêter leur voix à des projets IA et c’est leur choix. Notre rôle est de faire en sorte que ce choix leur appartienne toujours », résume la plateforme.
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