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Après Activision, c’est au tour d’Electronic Arts de se faire racheter (par le gendre de Trump)

Qu’est-ce qu’il va se passer pour FIFA et Battlefield ?

Après le rachat monumental d’Activision Blizzard par Microsoft il y a quelques années, c’est maintenant Electronic Arts qui passe à la casserole. EA vient de terminer les négociations avec son retrait de la bourse pour 50 milliards d’euros, un des plus gros rachat de l’histoire.

Depuis l’annonce, l’action EA a bondi de 15 % dès l’annonce des discussions. En dehors de la somme délirante, c’est la composition des acheteurs ayant la main sur l’éditeur qui fait polémique. Affinity Partners, le véhicule d’investissement de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, ajoute une couche politique assez croustillante à l’affaire.

Après le pétrole, les pixels

Le Public Investment Fund ne fait pas semblant non plus quand il s’agit de gaming. Le fonds souverain d’Arabie saoudite a déjà injecté des milliards dans l’industrie, rachetant au passage le studio derrière Pokémon Go, Niantic. Sa stratégie Vision 2030 vise clairement à faire de l’Arabie saoudite un acteur majeur du divertissement mondial. 38 milliards de dollars sont prévus pour le secteur du jeu vidéo d’ici la fin de la décennie.

Pour le PIF, EA représente une prise de choix. La franchise FC, anciennement FIFA, rayonne sur toute la planète. Les revenus récurrents des jeux services constituent une machine à cash bien huilée. EA a engrangé 1,67 milliard de dollars de chiffre d’affaires net sur son dernier trimestre et 75 % de ses revenus proviennent désormais des abonnements et microtransactions. Les 700 millions de comptes utilisateurs à travers le monde font saliver n’importe quel investisseur qui cherche à peser dans l’entertainment global.

Le timing joue aussi en faveur des acheteurs alors qu’EA traverse une période délicate. L’industrie vidéoludique ralentit et l’éditeur mise gros sur Battlefield 6 et FC 26 pour redresser la barre. Passer en mode privé pourrait lui donner plus de latitude stratégique, loin de la pression trimestrielle des marchés. En même temps, il a tout de même de quoi s’inquiéter des éventuelles influences politiques derrière ce genre de rachat. Les éditeurs indépendants cotés en Bourse se font de plus en plus rares.

Affinity Partners, le fonds de Kushner, compte d’ailleurs parmi ses investisseurs des capitaux saoudiens, qataris et émiratis. Les connexions politiques et financières entre Washington, le Golfe et l’industrie du divertissement se densifient. Le soft power saoudien passe désormais autant par les terrains de football et les circuits de Formule 1 que par les pixels de nos jeux préférés. Pour les joueurs, difficile de savoir ce que cette privatisation changera concrètement. EA gardera probablement ses franchises phares et son modèle économique axé sur les jeux services. Les nouveaux propriétaires chercheront à rentabiliser leur investissement colossal, ce qui pourrait se traduire par encore plus de monétisation in-game.

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