L’objectif de la Police Municipale de La Rochelles est d’identifier les trottinettes débridées et sanctionner les conducteurs qui dépassent les limitations. Une expérimentation locale qui pourrait bien devenir un modèle pour d’autres communes confrontées aux mêmes problèmes.
Une technologie pensée pour les mobilités légères
Le “curvomètre”n’a rien d’un simple radar. Là où les dispositifs classiques ciblent voitures et motos, ce nouvel outil s’intéresse aux engins de micro-mobilité : trottinettes électriques, vélos à assistance électrique, gyropodes ou hoverboards. Grâce à un capteur de vitesse adapté à des objets plus petits et plus rapides, il permet de repérer ceux qui dépassent la limite légale fixée à 25 km/h.
Lors des premiers contrôles, les résultats ont surpris les forces de l’ordre. Certaines trottinettes ont été flashées à plus de 80 km/h. Une vitesse délirante pour ce type d’engin, qui met en danger non seulement l’utilisateur, mais aussi les piétons. Pour la municipalité, le constat est clair : le débridage est devenu un phénomène préoccupant, et il fallait un outil capable d’y répondre.
Un outil de dissuasion et de prévention
Mais au-delà des sanctions, ce nouvel appareil se veut surtout préventif. L’idée est de rappeler aux usagers que la loi encadre strictement l’usage des trottinettes électriques, et que la sécurité prime sur la performance. Comme pour les radars fixes sur la route, le simple fait de savoir que des contrôles sont possibles pourrait inciter certains à respecter les vitesses autorisées.
La démarche s’inscrit aussi dans une politique plus large de régulation de la micro-mobilité, alors que les plaintes liées aux comportements dangereux se multiplient. Vitesse excessive, circulation sur les trottoirs, non-respect des feux : les trottinettes électriques, symbole de mobilité douce, sont devenues un casse-tête pour les collectivités.
Un dispositif qui pourrait vite se généraliser
Si La Rochelle fait figure de pionnière, rien n’empêche d’autres villes d’adopter à leur tour ce type de solution. Les municipalités sont de plus en plus nombreuses à chercher des outils concrets pour apaiser la cohabitation entre piétons, cyclistes et utilisateurs d’engins électriques. D’autant que la technologie devient plus abordable et facile à déployer.
Les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Bordeaux, déjà confrontées à des problèmes similaires, pourraient être tentées de suivre l’exemple rochelais. Les élus y voient un moyen de faire respecter les règles sans mobiliser davantage de personnel, tout en répondant aux demandes de riverains excédés.
Le gouvernement, de son côté, pousse aussi à un encadrement renforcé. Après l’obligation du casque et de l’assurance, le contrôle de la vitesse pourrait bien devenir le prochain chantier réglementaire.
Mais attention, car certains usagers craignent une dérive vers une surveillance systématique des mobilités douces, perçues jusqu’ici comme un mode de déplacement libre et flexible. Si le dispositif est mal perçu, il pourrait accentuer la défiance entre usagers et forces de l’ordre.
Pour que cette technologie soit efficace, elle devra donc s’accompagner d’une pédagogie claire afin d’expliquer son fonctionnement, ses objectifs, et garantir que les données collectées ne servent qu’à des fins de sécurité. Sans cela, le risque est grand de voir naître un sentiment de “flicage” permanent, contraire à l’esprit même de la mobilité urbaine moderne.
En attendant, La Rochelle joue le rôle de laboratoire. Si les résultats sont probants, baisse de la vitesse moyenne, diminution des accidents, meilleure cohabitation, le curvomètre pourrait rapidement devenir un nouvel outil standard dans la panoplie des villes. À l’image des radars routiers, autrefois expérimentaux, puis devenus omniprésents.
Quelle amende risque t-on ?
Trottinette débridée : une infraction assimilée à un véhicule non conforme
Si ta trottinette peut dépasser 25 km/h, elle n’est plus considérée comme un “engin de déplacement personnel motorisé” (EDPM) mais comme un cyclomoteur. Cela entraîne plusieurs infractions cumulées :
Utilisation d’un véhicule non homologué :
- Amende de 5e classe jusqu’à 1 500 €
- Et 3 000 € en cas de récidive
- Possibilité d’immobilisation et confiscation de l’engin
Absence d’assurance obligatoire (puisque l’engin est reclassé) : Amende de 750 €
Absence d’équipements obligatoires (casque, plaque, éclairage, etc.) : Amendes supplémentaires possibles selon le constat
En pratique, un utilisateur pris avec une trottinette débridée peut donc s’en tirer avec une note totale de plus de 2 000 €, sans compter la saisie du véhicule.
Excès de vitesse avec une trottinette non débridée
Si l’engin est conforme (limité à 25 km/h) mais que l’usager roule sur la chaussée à une vitesse excessive, l’amende dépend de la situation :
- Sur trottoir : interdit sauf zones dédiées : 135 €
- Non-respect du Code de la route (feux, stop, sens interdit) : de 35 à 135 €
- Comportement dangereux (circulation à contresens, dépassements risqués) : jusqu’à 150 €
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