Un an après l’entrée de Steamboat Willie dans le domaine public, Disney reste aux aguets. Le géant du divertissement est cité dans une procédure lancée par un cabinet d’avocats américains, qui souhaitait utiliser Mickey dans une campagne publicitaire aux États-Unis. Le spot, en noir et blanc et d’une durée de 37 secondes, montre Mickey percutant un bateau avant que Minnie appelle le cabinet pour obtenir de l’aide. Une mention précise pourtant qu’il ne s’agit pas d’une publicité approuvée par Disney.
Les limites du domaine public
Face au silence du groupe sur la possibilité d’actions en justice, la firme d’avocats a décidé de saisir un tribunal de Floride. Elle demande à la justice de confirmer que son spot n’enfreint pas les droits de Disney. Dans sa plainte, le cabinet évoque l’agressivité de l’application des droits de propriété intellectuelle par le groupe Disney et son refus de donner des assurances quant à l’absence de poursuites.
Si les droits d’auteur du film Steamboat Willie ont expiré, Disney conserve d’autres protections juridiques, notamment les marques. L’entreprise l’a rappelé récemment dans une plainte déposée contre Satéur, une société de bijoux qui utilisait le Mickey originel dans ses créations. Dans ce cas précis, Disney accuse Satéur de vouloir faire passer ses produits pour des articles officiels, profitant de la réputation mondiale de Mickey.
Un des avocats résume la position du mastodonte : « L’expiration du droit d’auteur sur Steamboat Willie ne permet pas d’enfreindre les marques qui identifient Disney comme source de biens et services ». L’argument est de taille : Mickey n’est pas seulement une figure de dessin animé, il reste une mascotte officielle et un ambassadeur commercial planétaire. Disney continue d’ailleurs à utiliser des extraits de Steamboat Willie dans son logo animé, ce qui peut renforcer ses droits sur cette version ancienne du personnage.
Depuis l’an dernier, certains n’ont pas hésité à profiter de l’entrée de Mickey dans le domaine public. Le film d’horreur Screamboat, qui détourne le personnage en créature maléfique, a fait parler de lui. Mais l’exploitation de Mickey reste une zone grise : les créateurs doivent éviter de brouiller les frontières entre l’usage libre et l’appropriation de la marque. Pour Disney, au-delà de la question juridique, c’est la valeur symbolique et commerciale de son personnage fétiche qui est en jeu. Le cabinet d’avocats, de son côté, veut pousser le débat jusque devant les tribunaux, ce qui créerait une première jurisprudence sur ce qu’il est réellement permis de faire avec le Mickey de 1928, partagé entre domaine public et propriété privée.
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