Il n’était pas question ici de savoir distinguer un pain au chocolat d’une chocolatine, mais bien un steak carné d’une préparation à base de plante. Depuis des années, le débat fait rage : doit-on interdire les appellations carnées pour les aliments qui n’en contiennent pas ? Ce mardi au Parlement européen, le sort du terme steak végétal a été officiellement débattu, après un amendement défendu par des élus inquiets de la “confusion” possible pour le consommateur.
L’enjeu était de taille : savoir si les escalopes, steaks, saucisses et autres jambons végétaux pouvaient encore s’afficher sous ces noms dans les rayons. Pour rappel, la France avait déjà tenté d’imposer sa vision en publiant, début 2024, un décret interdisant une vingtaine de termes apparentés à la viande sur les alternatives végétales. Le texte avait été adopté, mais seulement sur une courte période : s’il prévoyait des sanctions de 1500 à 7500 euros pour les contrevenants, il ne concernait pas les produits importés.
La justice européenne a tranché
C’est d’ailleurs la Cour de justice européenne qui a apporté une première réponse de fond à la polémique. Saisie par les producteurs de steaks végétaux, elle a rappelé le 4 octobre 2024 qu’aucun État membre ne pouvait imposer une interdiction générale sur la base de tels motifs. Selon la Cour, l’étiquetage des denrées alimentaires relève d’une compétence européenne, structurée par le règlement INCO. Sitôt le décret appliqué, l’Europe avait finalement fait annuler son application, estimant que la situation créait une concurrence déloyale entre les produits français et leurs équivalents étrangers.
Mais la bataille ne s’arrête pas là. Ce mercredi, l’Union a confirmé, lors d’un vote, l’application d’une interdiction équivalente dans la législation européenne, forçant tous les États à se plier à ce nouveau standard. Un coup dur pour les producteurs du végétal. Alors que le secteur des protéines végétales, en pleine explosion (+38% de croissance entre 2022 et 2024), cette décision sonne comme un retour en arrière. Tandis que les défenseurs de l’agroalimentaire traditionnel montent au créneau, expliquant que ces noms portent à confusion sur les qualités nutritionnelles réelles des alternatives végétales, les acteurs du végétal crient à la fausse excuse. A priori, les consommateurs sont capables de différencier un steak végétal d’un steak carné, et peuvent donc faire leur choix en toute connaissance de cause, dès lors que les mentions sur les emballages et dans les publicités affirment toujours clairement la composition végétale des produits.
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