Même si Tesla est incontestablement la marque de voiture électrique la plus connue, c’est bien la Chine qui domine aujourd’hui cette industrie, notamment du côté des modèles les plus abordables. Mais Renault semble sur le point de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière ; selon une information de Motorpasion relayée par Presse-Citron, le constructeur français serait en train de préparer une petite voiture électrique à un prix ultra-compétitif.
Si Renault semble aussi déterminée à faire preuve d’agressivité sur ce terrain, c’est parce qu’avec l’infrastructure, le prix reste l’un des principaux obstacles à la démocratisation de cette catégorie de véhicules. Même Tesla, qui a pourtant pris grand soin de se construire une image de marque luxueuse et avant-gardiste, a récemment présenté de nouveaux modèles un peu plus abordables afin de rester compétitive.
Les batteries LFP, la clé des véhicules électriques pas chers
Mais sur ce segment, c’est bien la Chine qui domine de la tête et des épaules. En l’espace de quelques années, le pays de Xi Jinping a inondé le marché de véhicules électriques à bas prix, notamment en s’appuyant sur un avantage compétitif majeur : sa capacité à produire des batteries à moindre coût.
Cet avantage résulte notamment du statut de plaque tournante de la Chine ; elle domine une grande partie de la chaîne de valeur dans l’industrie des batteries. Cela concerne évidemment ses capacités de production sans équivalent, mais aussi une ressource critique, à savoir le lithium qui est au cœur du fonctionnement de ces composants. En effet, à l’heure actuelle, environ 70 % du raffinage mondial de ce métal se déroule sur le territoire chinois.
Cela a permis au pays de produire des quantités astronomiques de batteries LFP (lithium-fer-phosphate). Ces dernières offrent une densité énergétique plus faible que celle des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), historiquement privilégiées par les constructeurs européens ; mais elles sont aussi plus stables et surtout nettement moins chères que ces dernières, avec un coût par cellule inférieur de 30 à 50 % — un facteur déterminant dans la compétitivité des véhicules chinois.
Renault aux avant-postes
C’est là qu’intervient Renault. Le fleuron français semble avoir pris bonne note de cette stratégie ; selon Motorpasion, il va s’appuyer sur ces batteries LFP pour transformer sa gamme. « L’année prochaine, nous aurons une deuxième batterie, LFP, dans tous les véhicules Renault », a déclaré le PDG François Provost au Motor Show de Munich.
La première voiture à en bénéficier sera apparemment une nouvelle Twingo, spécifiquement conçue pour répondre à l’offensive tarifaire de l’industrie chinoise. Malgré son autonomie modeste (environ 250 km selon certaines sources comme EVMagz), elle bénéficiera d’un atout majeur : un prix d’appel ultra-compétitif à moins de 20 000 €.
Et la facture réelle pourrait même être encore plus basse en pratique. En effet, sa batterie LFP sera apparemment construite sur le territoire européen. Et c’est tout sauf anecdotique, puisque cela rendrait théoriquement la nouvelle Twingo éligible à un bonus écologique de plusieurs milliers d’euros.
Par la suite, d’autres véhicules, dont une Mégane E-Tech, pourraient suivre avec la même philosophie. Cela sera-t-il suffisant pour concurrencer les mastodontes chinois comme BYD, ou les autres marques européennes comme Dacia, qui se sont positionnées sur ce segment d’entrée de gamme ? Difficile à dire en l’état, puisque Renault est restée relativement discrète sur le sujet jusqu’à présent. Mais il sera intéressant de suivre l’évolution de ce projet de transition technologique qui, dans l’idéal, pourrait marquer un tournant significatif pour l’industrie française.
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