Le géant chinois Baidu s’apprête à faire rouler ses robotaxis en Suisse, en partenariat avec PostBus, filiale de la Poste helvétique. Le service, baptisé AmiGo, doit commencer ses essais dès la fin de cette année, avant d’être ouvert au public début 2027. Les véhicules, électriques et entièrement autonomes, proposent quatre places et pourront être réservés via une application.
Baidu débute son tour d’Europe par la Suisse
Au départ, des chauffeurs de sécurité seront présents à bord, le temps de valider la cartographie et les protocoles. Mais l’objectif est de proposer un service régulier, sans conducteur, dès 2027 dans les cantons de Saint-Gall, d’Appenzell et de Thurgau. Les autorités suisses soutiennent le projet, qui pourrait combler les zones rurales ou les horaires creux où les transports publics traditionnels ne passent pas toujours. « Nous apportons la mobilité du futur en Suisse orientale », résume Stefan Regli, responsable de la mobilité chez PostBus. Baidu, de son côté, se réjouit d’exporter sa technologie Apollo Go, déjà forte de plus d’un millier de véhicules autonomes en service en Chine.
La Suisse ne sera pas seule sur la ligne de départ. D’autres géants se bousculent pour s’installer en Europe. Baidu a déjà prévu, via un accord avec Lyft, de déployer son système Apollo Go au Royaume-Uni et en Allemagne dès 2026, sous réserve du feu vert des autorités. Uber prépare de son côté ses propres trajets autonomes avec la start-up britannique Wayve, à Munich puis à Londres.
Outre-Manche, Google s’invite aussi dans la partie : Waymo, sa filiale spécialisée, compte lancer ses tests à Londres l’an prochain. L’entreprise met en avant un bilan impressionnant : « Nos véhicules sont cinq fois moins souvent impliqués dans des accidents causant des blessures et douze fois moins dans ceux impliquant des piétons », assure-t-elle. Mais tout cela reste suspendu aux réglementations locales. Au Royaume-Uni, la loi encadrant la conduite autonome ne sera pas pleinement en vigueur avant 2027. Les assureurs, eux, demandent encore des garanties : qui sera responsable en cas d’accident ? Le conducteur… ou l’algorithme ?
Entre la Suisse, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les tests s’annoncent nombreux dans les deux prochaines années. Mais l’objectif est commun : il s’agit de démontrer que les robotaxis peuvent cohabiter sans danger avec le trafic existant et compléter les réseaux de transport public. Les voitures sans chauffeur quittent donc peu à peu les laboratoires pour s’aventurer sur les routes européennes, comme c’est de plus en plus le cas dans des villes américaines et chinoises.
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