Netflix vient de diffuser sa quatrième saison de The Witcher, et cette fois, la plateforme doit faire sans son interprète historique. Délestée d’Henry Cavill pour d’obscurs différents artistiques, c’est Liam Hemsworth qui a repris le flambeau de Geralt de Riv. Pas de surprise donc, les huit épisodes disponibles depuis le 30 octobre 2025 marquent un tournant narratif radical pour la franchise. Au-delà de ce changement de visage, ils adaptent surtout les romans que les fans réclamaient depuis le début : Le Baptême du Feu et La Tour de l’Hirondelle, troisième et quatrième tomes de la saga d’Andrzej Sapkowski.
Une adaptation hybride, mais logique
Lauren Schmidt Hissrich et son équipe ont opté pour une stratégie cohérente : fusionner les chronologies de plusieurs romans en une seule saison. Dans les livres, Le Baptême du Feu et La Tour de l’Hirondelle racontent des périodes distinctes où Geralt, Yennefer et Ciri évoluent séparément à travers un Continent ravagé par la guerre. La série reprend cette structure éclatée, mais accélère le rythme pour donner plus de place à son trio principal. Pour Netflix, c’est aussi l’assurance de boucler plus rapidement une série dont plus personne ne veut vraiment.

Le Baptême du Feu constitue l’ossature principale de la saison 4. Le troisième roman de la saga suit Geralt alors qu’il quitte la forêt de Brokilon, où il s’est remis de ses blessures après l’affrontement contre Vilgefortz lors du coup d’État de Thanedd. Accompagné de Jaskier, il se lance à la recherche de Ciri, qu’il croit prisonnière de l’empereur Emhyr. En chemin, il rassemble autour de lui une troupe hétéroclite, la Hanse. Ces compagnons ne sont pas de simples faire-valoir : ils incarnent la thématique centrale du roman, celle de la famille choisie, qui se construit dans l’adversité. Geralt, habituellement solitaire, doit apprendre à s’ouvrir et à accepter l’aide, une évolution majeure pour le personnage.
Si Le Baptême du Feu suit principalement Geralt, La Tour de l’Hirondelle se concentre davantage sur Ciri. Dans ce quatrième tome de la saga, la jeune femme a adopté l’identité de Falka et vit parmi les Rats, un gang de jeunes hors-la-loi. Cette période marque un tournant sombre pour le personnage. La série n’édulcore pas cette partie de l’intrigue, et livre une vision sanglante et résolument plus adulte pour le lion de Cintra. La séquence du massacre des Rats par Bonhart s’impose comme le climax de cette quatrième salve d’épisodes.
Ce que les romans ne disent pas
Si elle reste relativement fidèle aux textes originaux, la série prend plus de libertés dans l’arc de Yennefer. Dans Le Baptême du Feu, la sorcière est transformée en statue de jade par Francesca Findabair, et reste pétrifiée pendant une grande partie du roman. Une situation logiquement assez incompatible avec le format télévisé. Pour pallier ce problème de rythme, la série inverse la dynamique : c’est Yennefer qui transforme Francesca en statue et qui prend l’initiative de rassembler les sorcières survivantes pour former la Loge.
Cette réécriture permet de donner à Yennefer un rôle plus actif que dans les romans. Si les puristes peuvent regretter cette liberté narrative, elle reste cohérente avec le squelette du récit, et permet de laisser plus d’espace au personnage. Malgré ces écarts, la saison 4 de The Witcher reste globalement fidèle à l’esprit des romans de Sapkowski. Les grandes lignes narratives sont respectées : Geralt et sa hanse traversent un Continent en guerre, Milva, enceinte fait une fausse couche, et les Rats sont massacrés devant une Ciri impuissante.
Autre ajout notable : l’apparition de Nimue, une jeune fille qui écoute les récits du Sorceleur un siècle après les événements de la série. Ce personnage tiré de La Dame du Lac (le septième et dernier tome de la saga), est utilisée comme narratrice dans la série. L’occasion de rappeler que l’histoire de Geralt, Yennefer et Ciri est devenue une légende, tout en préparant le terrain pour la saison 5.
Remplacer les livres ?
Dans les interviews accordées à la presse américaine, Lauren Schmidt Hissrich assume pleinement ces choix d’adaptation. Face aux critiques des puristes, elle rappelle que la série ne vise pas à remplacer les livres ou les jeux vidéo, mais à proposer une version complémentaire de l’univers, librement adaptée des romans d’Andrzej Sapkowski. Reste à voir si l’approche suffira à reconquérir les fans déçus par les saisons précédentes. Avec une cinquième et dernière saison déjà tournée et prévue pour conclure l’adaptation, Netflix a désormais les cartes en main pour boucler proprement la boucle et offrir une fin digne au Sorceleur. C’est pas gagné.
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