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La NASA continue de préparer son futur vol habité autour de la Lune, même sans un sou

Alors que l’administration américaine est paralysée depuis plus d’un mois, la NASA continue de préparer la mission Artemis II, premier vol habité autour de la Lune depuis plus de cinquante ans. Mais les retards de paiement et la lassitude des équipes menacent de freiner le programme.

La NASA résiste encore au blocage budgétaire qui paralyse une grande partie du gouvernement fédéral américain. Depuis la fin septembre, les élus n’ont pas réussi à voter le budget, forçant des milliers de fonctionnaires au chômage technique. Pourtant, dans les couloirs du Kennedy Space Center, les équipes d’Artemis II continuent d’empiler les étages de la fusée SLS et d’assembler le vaisseau Orion, comme a pu le constater ArsTechnica.

Les salaires à l’arrêt

« Tout le travail lié à Artemis II est considéré comme essentiel pour la sécurité des équipages et du matériel », a indiqué un responsable de la NASA. Les contrats de la mission sont financés jusqu’à début novembre, et la plupart des sous-traitants ont accepté de poursuivre leurs tâches, quitte à être payés plus tard.

C’est que l’enjeu est de taille : Artemis II doit marquer le grand retour d’astronautes américains autour de la Lune, une première depuis Apollo 17 en 1972. La mission, d’une durée de dix jours, servira à tester le système de vol habité Orion et ouvrira la voie à Artemis III, censée ramener des humains sur le sol lunaire.

Les équipes tiennent bon, mais c’est de plus en plus compliqué. Dans les États clés du programme spatial – Floride, Texas et Alabama – des milliers d’ingénieurs et de techniciens travaillent sans percevoir leur salaire. Pour Kirk Shireman, ancien responsable de la Station spatiale internationale devenu directeur du programme Orion chez Lockheed Martin, la situation ne pourra pas durer : « Nous approchons rapidement du point où cela aura un impact significatif. Ce ne sera pas seulement un problème de fusée, mais de tout ce qui gravite autour : les aéroports, les contrôleurs aériens, les fournisseurs. Quand le gouvernement s’arrête, tout finit par en pâtir. »

Lors du précédent « shutdown » de 2018-2019, la NASA avait déjà dû jongler entre les exemptions pour maintenir en vie la Station spatiale internationale et les interruptions sur d’autres programmes. Artemis II bénéficie pour l’instant du statut d’activité « essentielle », mais la marge de manœuvre reste étroite.

Nasa Artemis 2
© NASA

Le calendrier du programme repose sur des fenêtres de tir très précises : le vaisseau Orion ne peut décoller que certains jours du mois, lorsque les positions de la Terre et de la Lune permettent une trajectoire optimale. Un simple glissement de quelques jours pourrait donc repousser le lancement de plusieurs semaines.

La NASA garde le cap, pour l’heure. Le vaisseau Orion est désormais empilé sur sa fusée SLS, prêt pour les derniers tests avant son transfert sur la rampe de lancement. Mais sans reprise rapide des financements à Washington, la mission censée incarner le retour de l’Amérique sur la Lune risque d’être clouée au sol pour des raisons très terre à terre.

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