Chez Tesla, les promesses d’Elon Musk ont parfois la durée de vie d’un tweet. Le Cybercab, présenté comme le robotaxi du futur, devait être 100 % autonome. On s’attendait à un véhicule qui se conduit tout seul, pendant qu’on lit un livre ou qu’on fait la sieste. Un an plus tard, la réalité rattrape le rêve : la présidente du conseil d’administration, Robyn Denholm, a admis que la voiture pourrait bien avoir… un volant et des pédales.
Quand Elon Musk redécouvre le volant
« Si on doit avoir un volant, on aura un volant », a-t-elle déclaré chez Bloomberg, avec un pragmatisme qui tranche avec le discours de son patron. Ce revirement intervient alors que Tesla cherche à rassurer ses investisseurs sur la viabilité de ce projet censé marquer l’entrée du constructeur sur le marché des voitures électriques « abordables ». En clair, le Cybercab deviendrait enfin ce fameux modèle à 25.000 dollars qu’Elon Musk promet depuis 2020, et qu’il jugeait encore récemment « absurde ».
Ce revirement n’a rien d’anodin. Les voitures sans conducteur posent encore bien des casse-têtes réglementaires, notamment aux États-Unis. L’agence américaine de sécurité routière (NHTSA) n’autorise pour l’instant que 2.500 véhicules sans volant ni pédales par an, un chiffre ridicule pour un constructeur qui rêve de millions d’unités.
General Motors s’y est déjà brûlé les ailes avec son modèle Cruise Origin, abandonné faute d’autorisation. Tesla préfère visiblement éviter le même écueil et faire rouler ses voitures, quitte à retarder (encore) la promesse d’un avenir sans conducteur. Robyn Denholm rappelle d’ailleurs que Tesla a déjà fait marche arrière par le passé : « La Model Y originale n’était pas censée avoir de volant non plus », a-t-elle confié. Une manière élégante de dire que l’entreprise s’adapte à la réalité quand les ambitions de Musk vont trop vite. La voiture sans conducteur, ce ne sera pas pour cette année, et peut-être pas pour la prochaine non plus.
Pendant que Tesla temporise, le milliardaire continue de prêcher la bonne parole de l’autonomie totale. Selon lui, la conduite automatisée « réduira les accidents par dix » et « sauvera des millions de vies ». Mais ces déclarations sont souvent rattrapées par ses relations houleuses avec les autorités américaines. Le patron de Tesla et SpaceX vient même d’insulter le secrétaire aux Transports sur son réseau social, preuve que la diplomatie n’est toujours pas son fort.
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