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Quelle est la puissance de la Steam Machine face à une PS5 de base ?

Comment se positionne la Steam Machine niveau puissance face à la PS5 standard ?

La Steam Machine a été annoncée la semaine dernière et avec débarque avec de grosses ambitions pour Valve. Le créateur de Steam veut convaincre les joueurs PC de brancher leur config directement sur la télé du salon, tout en attirant ceux qui hésitent entre console et PC. Le pitch marketing parle de 4K à 60 FPS, d’une expérience fluide sous Linux, et d’un prix accessible. Sauf qu’en face, la PS5 tourne depuis 2020 et a largement fait ses preuves. Alors, comment ces deux machines se comparent réellement sur le papier ?

Des architectures différentes, des philosophies opposées

La PlayStation 5 embarque une carte graphique (GPU) AMD RDNA 2 custom avec 36 unités de calcul cadencées jusqu’à 2,23 GHz. Si on devait donner un chiffre un peu plus parlant, cela donne une puissance de calcul totale de 10,28 téraflops. Côté processeur, Sony mise sur un AMD Zen 2 8 cœurs à 3,5 GHz. L’ensemble consomme entre 200 et 220 watts en charge et offre une expérience 4K.

La Steam Machine de Valve joue sur un terrain différent. Elle utilise un GPU AMD RDNA 3 avec 28 unités de calcul poussées jusqu’à 2,45 GHz. C’est une version bridée du Navi 33, la même puce que l’on retrouve dans la Radeon RX 7600. Niveau puissance brute, on parle d’environ 13 à 14 téraflops selon les calculs. Sur le papier, ça semble mettre la Steam Machine devant. Sauf que les téraflops ne reflètent pas parfaitement les performances en jeu

La PS5 bénéficie d’une optimisation en béton. Les développeurs connaissent exactement le hardware, peuvent exploiter chaque watt disponible et profitent d’un OS ultra-léger orienté gaming uniquement. La Steam Machine tourne sous SteamOS, une distribution Linux qui fait transiter les jeux Windows via Proton. Ça fonctionne plutôt bien sur Steam Deck, mais cela rajoute une couche logicielle qui peut s’accaparer plus de puissance en sacrifiant une partie des performances.

L’autre différence majeure se situe dans la mémoire. La PS5 dispose de 16 Go partagés entre CPU (processeur) et GPU, mais ultra-rapides et directement accessibles. La Steam Machine sépare 16 Go de DDR5 pour le système et seulement 8 Go de GDDR6 pour le GPU. Et c’est là que ça coince.

Le problème des 8 Go de VRAM qui fait basculer la balance

Voilà le vrai souci de la Steam Machine. 8 Go de VRAM en 2025, c’est déjà limite pour du gaming 1440p sur les gros titres AAA. En 4K, c’est carrément compliqué. La RX 7600 standard, dont dérive le GPU de la Steam Machine, est traditionnellement une carte 1080p-1440p. Pousser vers le 4K nécessite de réduire drastiquement la qualité des textures et d’oublier le ray tracing.

Malgré ses 21,75 téraflops sur papier, la RX 7600 équivaut grosso modo à la PS5 dans les tests réels. Et on parle ici d’une carte complète avec 32 unités de calcul, pas d’une version bridée à 28 unités comme sur la Steam Machine.

Digital Foundry, expert dans le domaine du décryptage hardware a testé Cyberpunk 2077 sur la Steam Machine. En 1440p avec des réglages élevés et le FSR activé, le jeu tourne à 60 FPS stables sans ray tracing. Dès qu’on active les ombres et reflets RT, les performances s’effondrent à 30 FPS. La PS5, elle, arrive à tenir du 60 FPS en mode performance sur CP2077, avec une résolution reconstruite et quelques compromis visuels.

Valve justifie le choix des 8 Go par « l’accessibilité financière ». La PS5 offre un pool mémoire unifié de 16 Go qui change complètement la donne. Les développeurs peuvent allouer dynamiquement la mémoire selon les besoins du jeu. Sur Steam Machine, le PC restera coincé avec ses 8 Go dédiés sans possibilité de mise à jour éventuelle.

Avantage Valve pour le processeur ?

Steam Machine
© Steam

Du côté processeur, la Steam Machine s’en sort mieux. Son Zen 4 6 cœurs à 4,8 GHz représente un bond architectural significatif par rapport au Zen 2 de la PS5. Avec des fréquences bien plus élevées (4,8 GHz contre 3,5 GHz), l’avantage théorique est net.

Mais la PS5 a 8 cœurs contre 6 pour la Steam Machine. Dans les jeux qui saturent vraiment tous les cœurs disponibles, cet avantage de fréquence et d’architecture pourrait se réduire. Et puis, encore une fois, les jeux console sont optimisés pour exploiter à fond ces 8 cœurs Zen 2. Sur Steam Machine, tout passe par Proton et la couche de compatibilité.

La PS5 alloue dynamiquement sa puissance entre processeur (CPU) et carte graphique (GPU) selon les besoins. La Steam Machine limite son CPU à 30W, contre 110W pour le GPU. C’est un choix qui favorise clairement les performances graphiques, mais qui pourrait créer des goulots d’étranglement sur certains titres gourmands en CPU.

Match (vraiment) nul sur le ray tracing

Ni la PS5 ni la Steam Machine brillent en dans la technologie de gestion de lumière qu’est le ray tracing. Le RDNA 2 de Sony offre des performances correctes, mais limitées. Les développeurs utilisent généralement le RT de façon très sélective sur PS5 avec quelques reflets par-ci, des ombres améliorées par-là, mais rarement du ray tracing complet.

Le RDNA 3 de la Steam Machine n’est pas vraiment meilleur. AMD a amélioré les perfs RT entre RDNA 2 et 3, mais ça reste loin de ce que propose Nvidia avec ses cartes RTX. Et avec seulement 28 unités de calcul contre 36 sur la PS5, difficile d’imaginer la Steam Machine dominer sur ce terrain.

Valve promet des optimisations driver pour améliorer tout ça sous SteamOS. Peut-être que ça changera la donne, mais pour l’instant, activer le ray tracing sur Cyberpunk 2077 fait plonger les performances à 30 FPS. La PS5 s’en sort à peu près de la même façon. Bref, match nul dans l’imperfection.

L’optimisation console fait toute la différence

PS5 Sony
© Sony

Voilà où le bât blesse pour la Steam Machine. La PS5 existe depuis cinq ans. Les développeurs connaissent la machine par cœur, exploitent chaque optimisation possible et peuvent compter sur un parc installé de 60 millions d’unités. Chaque jeu qui sort sur PS5 est testé et calibré spécifiquement pour ce hardware.

La Steam Machine sera une nouvelle plateforme avec un parc d’utilisateurs inconnu. Valve propose un système pour que les jeux reconnaissent automatiquement le hardware et ajustent les paramètres, comme sur Steam Deck. Mais ça prendra du temps avant que cette adoption se généralise. En attendant, les joueurs devront probablement bidouiller les réglages manuellement pour obtenir les meilleures perfs.

Le FSR 4 d’AMD pourrait changer la donne. Cette nouvelle techno mise à l’échelle (upscaling) promet une meilleure fidélité visuelle que le FSR 3, avec l’avantage de l’accélération IA. Mais AMD n’a pas encore confirmé officiellement le support RDNA 3. Valve espère l’avoir au lancement, mais rien n’est garanti. Sans un bon système d’upscaling, tenir du 4K à 60 FPS sur des AAA récents devient quasi impossible avec seulement 8 Go de VRAM.

Deux machines, deux mondes

Comparer la Steam Machine et la PS5 standard, c’est un peu comparer des pommes et des oranges. La PS5 est une console dédiée, optimisée, vendue pour 500 euros. Les performances sont prévisibles, l’expérience est fluide et il n’y a rien à configurer.

La Steam Machine est un PC sous Linux déguisé en console. Elle offre potentiellement plus de puissance CPU brute et une architecture GPU plus récente, mais avec des compromis majeurs. Sur le papier, ses 13-14 téraflops surpassent les 10,28 de la PS5. Dans la vraie vie, avec les 8 Go de VRAM et SteamOS, l’avantage s’évapore.

Les cartes PC équivalentes à la PS5 se situent autour de la RX 6700 XT ou la RTX 3060 Ti, qui offrent toutes deux 10 à 11 téraflops. La Steam Machine ne propose pas assez ici pour dominer clairement la PS5.

Valve a peut-être créé une machine intéressante pour ceux qui veulent PC gaming et expérience console. Mais face à une PS5 standard qui propose une expérience extrêmement simple pour le joueur ne voulant pas se compliquer la vie, la Steam Machine devra prouver sa valeur. En effet, les joueurs ayant un Steam Deck devant chercher comment optimiser chaque jeu individuellement savent exactement de quoi l’on parle. La différence de puissance ne devrait pas être si choquante, reste à voir si Valve proposera un tarif inférieur à celui de Sony et sa PS5, qui pourrait ainsi justifier les compromis en proposant une expérience PC complète et donc personnalisable.

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