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Saviez-vous que vous pouvez mourir aux toilettes ? Voici 6 manières incroyables (et parfois stupides) d’y perdre la vie

C’est tellement surfait de casser sa pipe de vieillesse, paisiblement installé dans son lit. Surtout quand on sait qu’il est possible de passer l’arme à gauche avec panache (ou pas) les fesses sur le trône.

L’être humain, conscient de sa finitude, peut en avoir peur : mourir en suffoquant sous l’eau, en tombant d’une hauteur importante, d’être enterré vivant ou de mourir brûlé. Les raisons ne manquent pas et il est normal que certains scénarios nous hantent plus que d’autres ; certains étant liés à des réflexes archaïques profondément enfouis dans notre cerveau ou à nos sensibilités individuelles.

En revanche, il est assez rare de tomber sur quelqu’un qui vous avouera qu’il a peur de mourir aux toilettes ; pourtant, l’histoire regorge d’exemples de personnes qui ont perdu la vie de cette manière, dont voici une petite sélection.

La grande expulsion finale

Lorsque l’on est constipé, il peut être très difficile de déposer son offrande normalement, sans avoir à forcer comme un sourd pour se soulager. En procédant ainsi, on met son cœur à rude épreuve ; c’est la manœuvre de Valsalva : une petite apnée involontaire que tout le monde fait en forçant qui comprime la veine cave, fait chuter le débit cardiaque et provoque un pic de pression artérielle à la remontée.

Chez les personnes fragilisées par une pathologie cardiovasculaire, cela peut suffire à déclencher un infarctus ou une syncope avec chute. Le célèbre Elvis Presley est décédé de cette manière en 1977, à Memphis ; affreusement constipé, il s’est éteint à l’âge de 42 ans, même si les abus de drogue et d’alcool ne l’ont certainement pas aidé à se décontracter.

Quand la politique tombe dans le purin

En 1184, à la cathédrale d’Erfurt en Allemagne, une assemblée de nobles convoquée par le roi Henri VI pour régler un litige foncier a connu une fin de réunion pour le moins inattendue : le plancher de bois a cédé sous leur poids, précipitant une soixantaine de nobles dans la fosse à excréments située en contrebas.

Environ soixante seigneurs y ont péri noyés, dans ce qui est passé à l’histoire sous le nom de « l’accident de la latrine d’Erfurt ». Le roi, lui, s’en est tiré : il était assis dans une alcôve en pierre, légèrement surélevée. La morale de l’histoire – si tant est qu’il y en ait une – c’est que les toilettes à fosse ont toujours été plus dangereuses pour ceux qui n’occupaient pas les meilleures places.

Le naufrage le moins héroïque de la Wehrmacht

En avril 1945, le sous-marin allemand U-1206, équipé alors d’un système de toilettes révolutionnaire capable d’expulser les déchets directement dans l’océan sans remonter en surface, a coulé seul au large de l’Écosse. Pourquoi ? Car la vidange des toilettes exigeait une manipulation si pointue qu’un technicien dédié était normalement affecté à cette seule tâche.

Le commandant l’ayant effectuée seul et dans le mauvais ordre, les eaux usées ont reflué dans la coque, atteint les batteries au plomb et déclenché une réaction chimique libérant du chlore gazeux, un gaz suffisamment toxique pour rendre l’air irrespirable en quelques minutes. Contraint de faire surface en pleine mer du Nord, en zone de patrouille alliée, l’équipage a évacué dans des conditions chaotiques : trois hommes se sont noyés, les survivants ont été capturés.

Éviter la chaise électrique pour mourir sur le trône

Deux prisonniers américains ont trouvé la mort électrocutés sur leurs toilettes métalliques, ce qui constitue sans doute l’une des ironies les plus noires de l’histoire pénitentiaire du pays. Le cas le plus célèbre est celui de Michael Anderson Godwin, condamné à mort en Caroline du Sud, dont la peine avait été commuée pour lui éviter la chaise électrique. Mais celui-ci est mort électrocuté en 1989, assis sur ses toilettes en acier, en réparant sa télévision avec un câble dénudé dans la bouche. Il a offert involontairement au courant un chemin parfaitement conducteur : câble, bouche, corps, métal, et sol ; son cœur n’a pas supporté et il est décédé d’une crise cardiaque l’année même où il devait être exécuté.

Huit ans plus tard, Laurence Baker, détenu à Pittsburgh, est mort dans les mêmes circonstances. Il avait fabriqué des écouteurs artisanaux et les avait branchés sur son poste de télévision, assis sur ses toilettes métalliques. Sans transformateur ou isolation, ils ont laissé passer le courant et Baker a rendu son dernier souffle, les fesses sur la cuvette.

L’araignée cachée : bienvenue en Australie, comme d’habitude

Les toilettes extérieures, comme les latrines rurales ou les cabinets de plein air, constituent un habitat de choix pour les veuves noires et les araignées recluses australiennes, attirées par la présence de mouches.

Dès 1927, une étude médicale californienne documentait même une série de morsures survenues dans les toilettes extérieures du Los Angeles General Hospital, toutes à cause d’araignées logées sous les abattants. En Australie, le phénomène est suffisamment ancré dans la culture populaire pour avoir inspiré, en 1971, une chanson country comique, The Redback on the Toilet Seat, dont les paroles décrivent avec entrain et un humour certain la mésaventure en question.

Les morsures de veuves noires sont rarement mortelles depuis que l’antivenin a été développé, mais restent très douloureuses et peuvent provoquer des nécroses au point d’injection. Si vous partez un jour en Australie, soyez futés : levez le siège avant de vous asseoir pour faire vos petites affaires.

Embroché par en dessous : l’assassinat le plus scatologique de l’histoire médiévale

En 1076, le duc Godefroy « le Bossu » de Basse-Lorraine trouva la mort dans des circonstances que les chroniqueurs médiévaux se sont refusés à décrire clairement, se contentant d’écrire qu’il s’était « retiré ». La réalité était autrement plus crue et gore : un assassin s’était dissimulé dans la fosse septique sous ses latrines, immergé jusqu’au cou dans les déjections, et attendit que le duc s’installa au-dessus de lui pour lui enfoncer une lance dans le rectum.

Godefroy mourut de ses blessures quelques jours plus tard et son corps fut rapatrié à Verdun, et inhumé dans le tombeau de son père, comme il en avait lui-même donné l’instruction.

Il existe des centaines de façons plus glorieuses de quitter ce monde avec un minimum de dignité, mais que voulez-vous ? L’être humain est ainsi fait qu’il peut tantôt survivre à des guerres, des épidémies, des catastrophes naturelles ou des violents accidents, pour finalement rendre l’âme là où il s’y attend le moins. Seul et vulnérable, concentré sur l’un de ses besoins biologiques les plus élémentaires, il peut rejoindre parfois le panthéon de ceux dont la mort n’a pas eu la décence de se montrer à la hauteur de leur vie.

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