C’est une action à l’ampleur sans précédent qui secoue le commerce français : douze fédérations professionnelles et plus d’une centaine de marques ont décidé d’attaquer en justice Shein pour concurrence déloyale. Une démarche collective, qui marque un tournant dans la lutte contre les pratiques jugées abusives et illégales du géant asiatique sur le marché français.
Un front commun sans précédent
Le commerce français ne masque plus son ras-le-bol face à ce qu’il décrit comme un modèle économique fondé sur le contournement systématique des règles. Les douze fédérations concernées, parmi lesquelles l’Alliance du commerce, la Fédération française de la franchise, et la Fédération des entreprises de la vente à distance, se sont cette fois alliées à une centaine de grandes marques, pour dénoncer le comportement “problématique” de Shein.
Les arguments ne manquent pas : produits dangereux ou non conformes, promotions frauduleuses (selon les contrôles, 87% des rabais affichés seraient truqués), manquements graves à la réglementation sur la protection des données personnelles, ou encore pratiques commerciales trompeuses… autant d’accusations qui s’inscrivent dans un contexte tendu pour Shein, qui a déjà été obligé de suspendre sa marketplace en France afin de retirer des produits illicites, suite à une série de scandales, notamment la mise en vente de poupées pédopornographiques et d’armes blanches.
Une plainte pour concurrence déloyale
L’action judiciaire est portée devant le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence et vise principalement les filiales irlandaises de Shein, déjà impliquées dans d’autres procédures judiciaires. Cette mobilisation inédite veut contraindre l’entreprise à reconnaître ses manquements, à indemniser les pertes économiques subies par les plaignants, et à faire respecter les règles du jeu dans un commerce français à bout de souffle.
Sans surprise, la réponse de Shein ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, le géant chinois rejette l’ensemble des accusations, qualifiant la démarche juridique d’infondée, et regrettant ce qu’il considère comme “une tentative de boycott déguisée“. L’entreprise l’assure : elle respecte le droit français et européen de la concurrence. Un bras de fer qui pourrait reconfigurer les règles du jeu du e-commerce dans l’Hexagone, alors que l’ultra fast-fashion n’est pas en bonne grâce auprès des législateurs. L’audience de mise en état est prévue pour janvier 2026, et promet déjà un regain d’attention médiatique et juridique sur un dossier aux enjeux multiples.
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