Depuis près de dix ans que le Wi-Fi a fait son entrée dans les trains de la SNCF, on ne peut pas dire que le futur soit dans les rames. Peu importe le voyage, il faut composer avec une connexion internet dysfonctionnelle, parsemée de coupures intempestives et de débits imprévisibles. Regarder une série en streaming relève de la mission impossible, et travailler sereinement peut vite devenir compliqué. Une situation compliquée, d’autant plus que même les avions proposeront bientôt le Wi-Fi haut débit. Pour rester compétitif, la SNCF a décidé de repenser entièrement son approche, en optant pour l’Internet par satellite en orbite basse, combiné aux réseaux terrestres 4G et 5G.
Les limites d’une infrastructure vieillissante
Comprendre pourquoi le Wi-Fi dans les trains fonctionne si mal, c’est d’abord comprendre son architecture actuelle, pour le moins désuète. Le système repose sur des antennes relais positionnées le long des voies ferrées, qui émettent des signaux 4G et 5G captés par des routeurs embarqués à bord, qui se chargent ensuite de le retransmettre en Wi-Fi aux passagers. En pratique, c’est un cauchemar. La vitesse d’un TGV lancé à plus de 300 km/h passe d’une cellule réseau à une autre toutes les 45 à 60 secondes. Forcément, cela crée des ruptures de connexion fréquentes.
La structure même du train pose problème. Les wagons de TGV sont équipés d’une isolation thermique et de vitrages épais qui bloquent les ondes électromagnétiques. Les fabricants ont bien tenté de contourner ce problème en intégrant des micro-perforations dans les vitres pour améliorer la pénétration radio, mais le résultat reste largement insuffisant. Enfin, ajoutons à cela la saturation du réseau due à plusieurs centaines de voyageurs simultanément connectés, et vous obtenez un système au bord de l’effondrement.
La SNCF se modernise (enfin)
Face à ce constat d’échec, la SNCF a annoncé en juillet 2025 une consultation préalable à un appel d’offres majeur pour transformer la donne. L’objectif ? Lancer un pilote dès 2026 et déployer à grande échelle une solution hybride combinant les réseaux mobiles terrestres et une connectivité satellitaire. Concrètement, les satellites en orbite basse assureraient une couverture continue, y compris dans les zones rurales, tandis que les réseaux 4G/5G prendraient le relais là où ils sont disponibles. Le train serait capable de basculer automatiquement entre la connexion satellite et les réseaux terrestres selon la qualité du signal disponible, pour garantir ainsi une transition fluide pour les passagers sans interruption perceptible.
Deux acteurs majeurs sont en lice pour remporter ce contrat stratégique. D’un côté, Starlink, la filiale du groupe américain SpaceX, forte de sa constellation de plus de 7 000 satellites déployés depuis 2019. De l’autre, Eutelsat, avec sa constellation OneWeb, moins dense, mais en croissance rapide et bénéficiant du soutien de plusieurs États membres, dont la France. Le choix entre ces deux solutions dépasse le simple enjeu technique. La France a d’ailleurs annoncé en juin 2025 vouloir renforcer sa participation au capital d’Eutelsat, ouvrant la porte à une considération géopolitique autour de la souveraineté numérique européenne.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.