Passer au contenu

En Chine, le TGV économise plus de pétrole que toutes les voitures électriques du monde

La Chine ne fait rien comme les autres, surtout quand on parle de transport ferroviaire. Le réseau de trains à grande vitesse, déjà le plus vaste du monde, n’a pas seulement transformé en profondeur les voyages à l’intérieur du pays, il a aussi offert un bonus énergétique non négligeable à Pékin.

L’essor du TGV chinois a permis à la Chine d’éviter d’utiliser près de 1,5 million de barils de pétrole par jour en 2024, selon le rapport World Energy Outlook 2025 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ce volume est plus important que les économies réalisées grâce à l’ensemble des voitures électriques dans le monde la même année !

Le rail montre qui fait le vrai boulot

Ce chiffre spectaculaire confirme le poids colossal du ferroviaire dans la transition énergétique du pays. La Chine concentre aujourd’hui 40 % du trafic ferroviaire de passagers et rien moins que 30 % du fret mondial. Et son réseau de TGV a littéralement explosé : il dépasse les 40.000 km, soit presque trois fois plus que toutes les lignes à grande vitesse du reste de la planète réunies.

Le rapport de l’AIE est très clair : le rail chinois est massivement électrifié. Plus de 70 % du trafic non urbain roule déjà à l’électricité, ce qui représente un avantage massif face aux modes de transport plus classiques. À titre de comparaison, chaque passager transporté par le rail consomme en moyenne 80 fois moins de pétrole qu’en avion, près de 100 fois moins qu’en voiture, et 10 fois moins qu’en bus.

La logique est similaire du côté du fret : le train exige 30 fois moins d’huile que le camion pour transporter une tonne sur un kilomètre. Chaque déplacement qui bascule de la route ou du ciel vers le rail équivaut donc à une économie immédiate et massive. Le TGV chinois n’est donc pas qu’un outil pour faire plaisir au Parti communiste chinois : c’est devenu l’une des principales armes du pays pour stabiliser, voire réduire, sa dépendance au pétrole.

Les bénéfices énergétiques s’accompagnent d’un gain énorme pour le climat. Entre 2015 et 2024, l’essor du rail a permis d’éviter près de 1,6 milliard de tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles combinées du secteur chinois des transports, du bâtiment et de l’industrie légère. Et le mouvement n’est pas près de s’arrêter. D’ici 2035, le réseau de TGV devrait encore s’étendre pour atteindre environ 45.000 km.

L’exemple chinois rappelle une évidence : parfois, les solutions les plus efficaces sont aussi les plus éprouvées. Le rail ne fait peut-être pas rêver comme un véhicule high-tech bardé de technologies, mais il pèse lourd dans la balance climatique.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Source : Le Monde

Mode