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Euria, le bot IA suisse qui garde vos secrets et réchauffe les voisins

Infomaniak fait son entrée dans l’univers des assistants IA avec Euria, un chatbot souverain, gratuit et hébergé intégralement en Suisse. L’entreprise genevoise promet un outil simple, respectueux des données et capable de chauffer des milliers de logements grâce à la récupération de chaleur de ses datacenters.

Infomaniak n’a jamais vraiment joué dans la cour des géants, mais la société suisse multiplie depuis des années les services pensés pour ceux qui veulent rester loin des radars publicitaires. Après le mail, le stockage et la bureautique, place à Euria : un assistant IA qui se présente comme le pendant helvétique, et plus discret, de ChatGPT.

Une IA sans chichis

Le principe est simple : toutes les données restent en Suisse, dans les propres datacenters d’Infomaniak. Pas de transfert à l’étranger, pas de partage avec des partenaires, pas d’utilisation des conversations pour entraîner de futurs modèles. Pour ceux qui veulent pousser la prudence un cran plus loin, un mode éphémère efface les échanges aussitôt la discussion terminée.

Euria 2
© Infomaniak

Côté moteur, Euria s’appuie sur les modèles open source de Mistral (Mistral 8 7B et 22B), qui sont suffisamment polyvalents pour gérer du texte, des PDF, des images, des tableaux Excel ou encore des fichiers audio. L’assistant peut même analyser une photo ou produire une transcription d’un fichier audio sans sourciller. Et lorsqu’il connaît déjà la réponse, il évite d’aller fouiller le web pour économiser de l’énergie, tout en répondant plus vite.

L’ensemble est accessible gratuitement sur euria.infomaniak.com ou via une application mobile. Sans inscription, sans friction. Et pour ceux qui veulent intégrer l’outil à leur quotidien professionnel, Euria est déjà incluse dans la kSuite, l’offre collaborative d’Infomaniak.

Là où Infomaniak marque vraiment les esprits, c’est sur le terrain de la sobriété énergétique. La chaleur dégagée par les serveurs d’Euria est récupérée puis injectée dans le réseau de chauffage urbain de Genève. À pleine capacité, le système pourrait alimenter 6.000 logements Minergie-A en hiver, tout en évitant l’émission de quelque 3.600 tonnes de CO₂ par an. Une promesse plus concrète que beaucoup de communiqués « verts » qu’on croise dans la tech.

« Toute l’énergie de l’IA profite une seconde fois à la collectivité », se félicite Boris Siegenthaler, fondateur d’Infomaniak. Un argument qui donne à Euria un petit côté « bonne action » : poser une question à l’assistant, c’est presque comme allumer le chauffage chez quelqu’un !

Infomaniak prévoit d’enrichir Euria au fil des mois : agents intelligents, génération d’images, automatisations dans les outils maison… L’entreprise ne cache pas qu’elle veut construire une alternative européenne crédible, tout en restant accessible et raisonnable dans sa consommation. Euria ne promet pas de miracles, mais une expérience simple, propre, locale, et un chauffage urbain un peu plus efficace.

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