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M6 réclame un « new deal » pour la télévision française

Depuis son arrivée à la tête du groupe M6 au printemps 2024, David Larramendy fait entendre sa petite musique : pour que la télévision française reste solide face aux plateformes, il faut revoir en profondeur des règles jugées obsolètes. Le dirigeant plaide ouvertement pour un « new deal » de l’audiovisuel.

Les audiences lui donnent, pour l’instant, un certain crédit. À l’automne, M6 a signé sa meilleure rentrée depuis plusieurs années : 8,6 % de part d’audience en novembre, un niveau inédit depuis trois ans et demi. W9, souvent reléguée au second plan, a atteint 3,2 %, son meilleur score depuis treize ans. Des résultats que David Larramendy, le PDG du groupe, présente comme la preuve qu’un groupe historique peut encore reprendre l’initiative à condition, selon lui, que le cadre réglementaire évolue.

TNT, quotas, publicité : ce que M6 veut changer

Le dirigeant met en avant un marché publicitaire et médiatique profondément transformé. « Notre industrie fait face à une transformation des usages, mais aussi à la concurrence frontale des plateformes américaines », résume-t-il dans une interview au Monde. Dans ce contexte, maintenir des règles conçues il y a quarante ans n’aurait plus de sens. D’où cet appel à un « new deal » pour le PAF.

David Larramendy estime que le moment est venu de rouvrir plusieurs dossiers sensibles. Premier sujet : les quotas de diffusion de chansons françaises sur les radios musicales. « Comment justifier, par exemple, qu’il existe encore des quotas de diffusion de chansons françaises sur les radios musicales, alors que les auditeurs ont tout loisir d’écouter ce qu’ils souhaitent sur les plateformes de streaming ? », interroge-t-il, en dénonçant une règle déconnectée des usages actuels.

Deuxième chantier : la diffusion des chaînes. Moins de 20 % des téléspectateurs passent aujourd’hui par la TNT, alors que son coût augmente, notamment en raison de la situation de quasi-monopole de l’opérateur TDF. M6 demande à l’Arcom de lever l’obligation de couverture intégrale du territoire lorsque d’autres modes de réception, comme le satellite ou le câble, peuvent prendre le relais. Le groupe dit toutefois croire à l’avenir de la TNT, à condition que son coût baisse fortement.

La publicité constitue un autre point de friction. Les promotions de la grande distribution restent interdites à la télévision, une réglementation initialement pensée pour protéger la presse quotidienne régionale. Pour M6, cette interdiction est devenue « obsolète » et « injustifiable ». Enfin, le financement de la création audiovisuelle complète ce « new deal ». Le groupe rappelle qu’il reste taxé à hauteur de 5,15 % de son chiffre d’affaires au profit du CNC, dont le budget a fortement augmenté avec l’arrivée des plateformes étrangères. Le mécanisme est jugé vertueux, mais M6 plaide pour une baisse de la pression sur les acteurs privés historiques afin d’en assurer la pérennité.

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Source : Le Monde

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