Décidément, Valve est une entreprise qui n’a pas fini de nous étonner. Depuis plusieurs années, la société avance ses pions en toute discrétion, mais avec un objectif clair. Il s’agit de faire en sorte que Steam ne soit plus lié à une seule machine. Là où d’autres acteurs misent sur le streaming, Valve explore une voie plus technique, mais potentiellement plus durable. Elle veut permettre aux joueurs d’exécuter nativement leurs jeux, quel que soit l’appareil utilisé. Le cœur de cette stratégie s’appelle Fex, un nom encore méconnu du grand public.
Plus qu’un émulateur, c’est la solution
À première vue, Fex est simplement un émulateur open source. En réalité, il s’agit d’un chantier de longue haleine, entamé il y a plus de sept ans qui souhaite abolir les frontières matérielles qui empêchent aujourd’hui un jeu PC de fonctionner sur d’autres architectures. Derrière cette initiative, Valve a discrètement coordonné une équipe de développeurs indépendants, posant les bases d’un outil capable de faire tourner des jeux x86 dans des environnements qui n’étaient jusqu’ici pas conçus pour eux.
Cette orientation prend aujourd’hui tout son sens avec la multiplication des appareils basés sur des puces ARM. Smartphones, casques de réalité virtuelle, consoles portables ou encore machines hybrides, ils privilégient tous l’efficacité énergétique et la mobilité, mais se heurtent à une incompatibilité logicielle. Fex agit précisément comme une sorte de pont entre ces deux mondes.
Déjà une présentation du résultat
Valve a récemment donné un aperçu concret de cette vision avec la présentation de nouveaux appareils fonctionnant sous SteamOS, dont un casque VR reposant sur une puce mobile. Pour résultat, nous avons un même système, une même bibliothèque Steam, et des jeux capables de suivre l’utilisateur d’un écran à l’autre.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Valve emprunte ce chemin. Proton, sa couche de compatibilité pour faire tourner des jeux Windows sur Linux pour le Steam Deck, a déjà transformé en profondeur la perception du jeu sur SteamOS. Aujourd’hui, plus de 24 000 jeux sont jugés jouables via Proton, souvent avec des performances étonnamment solides. Fex s’inscrit dans cette continuité puisque c’est un outil pensé pour rester en arrière-plan, mais capable d’élargir considérablement le terrain de jeu.
Évidemment, l’émulation a un coût en ressources, et les performances varieront selon les appareils. Mais pour Valve, l’enjeu dépasse la simple prouesse technique. En rendant Steam compatible avec toujours plus de plateformes, l’entreprise s’assure que sa boutique, et les bibliothèques accumulées par les joueurs, restent centrales dans un paysage matériel en pleine mutation. Une stratégie patiente, mais redoutablement cohérente, à l’heure où le prix du matériel grimpe et où la flexibilité devient un argument clé pour continuer à jouer.
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