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Même dans leur pays d’origine, les ventes de consoles Xbox n’ont jamais été aussi basses

Avec une chute vertigineuse de 70 % des ventes par rapport à l’année précédente, la console de Microsoft traverse une crise sans précédent, même sur son marché domestique.

Les ventes de Xbox Series X et S ont plongé de 70 % en un an sur le territoire américain. Pour mettre les choses en perspective, c’est bien pire que la PlayStation 5 (-40 %) ou même que la transition entre Switch et Switch 2 (-10 %). Ce mois de novembre marque un record historique à l’envers pour Microsoft, qui n’avait jamais enregistré des ventes aussi catastrophiques pour cette période traditionnellement cruciale juste avant Noël.

Depuis novembre 2022, les chiffres dégringolent année après année : -20 % entre 2022 et 2023, -29 % entre 2023 et 2024, puis cette chute spectaculaire de 70 % cette année. Le marché américain des consoles traverse certes une période difficile dans son ensemble, avec des ventes au plus bas depuis 1995, mais Xbox paie un tribut bien plus lourd que ses concurrents.

Un cocktail explosif de mauvaises décisions

La stratégie de Microsoft ressemble à un tir de fusil à pompe dans le pied. Première erreur, l’augmentation drastique des prix. La Xbox Series S, lancée à 300 dollars, coûte désormais 400 dollars après plusieurs vagues de hausses. En septembre, tous les modèles ont pris entre 20 et 70 dollars supplémentaires. En mai, une première salve avait déjà alourdi la facture de 80 à 130 dollars selon les versions. Résultat, le prix moyen a bondi de plus de 30 % en un an, rendant les consoles Microsoft bien moins attractives face à une PlayStation 5 Digital à prix équivalent ou une Switch 2 venant de commencer son cycle de vie à seulement 50 dollars de plus.

Deuxième problème, la stratégie du Game Pass et le manque criant d’exclusivités. Pourquoi débourser 400 à 500 dollars pour une console quand la plupart des jeux Xbox débarquent sur PlayStation quelques mois après leur sortie ? Microsoft a ouvertement abandonné la course aux exclusivités pour privilégier une approche multiplateforme. Même Call of Duty Black Ops 7, disponible jour un dans le Game Pass, n’a pas réussi à relancer la machine. Le GamePass, lui aussi en constante augmentation tarifaire, est passé à plus de 320 euros par an, même s’il existe une astuce pour payer deux fois moins cher.

Devant ces prises de décisions et ces pauvres résultats, plusieurs distributeurs américains retirent progressivement les consoles Xbox de leurs rayons, constatant leur faible rotation.

Le spectre de SEGA plane sur Microsoft

L’ironie est cruelle. Xbox, qui avait profité de la sortie de SEGA du marché des consoles au début des années 2000, semble suivre exactement la même trajectoire. Microsoft affirme pourtant ne pas vouloir quitter le hardware. Mais la question se pose franchement : MS se soucie-t-il encore vraiment des ventes de consoles ? Tout indique que non. La stratégie multiplateforme s’accélère, les jeux first-party sortent désormais systématiquement sur PlayStation et le Game Pass devient le véritable produit mis en avant dans la communication de la branche gaming.

Si Microsoft ne redresse pas drastiquement la barre, le modèle SEGA guette c’est-à-dire devenir éditeur multiplateforme en abandonnant le hardware. Reste à savoir si c’était le plan depuis le début ou si Microsoft improvise face à l’échec commercial le plus retentissant de son histoire vidéoludique.

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