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25% des produits vendus sur Shein sont non conformes à la loi française

Après l’opération d’ampleur qui visait le géant chinois, le verdict vient de tomber.

Un contrôle massif sur les colis Shein à Roissy vient de confirmer les craintes des autorités : une part significative des produits vendus sur la plateforme enfreint les règles européennes.

320 000 colis passés au crible

Début novembre, la Direction générale des douanes a mené une opération de contrôle d’ampleur inédite sur les petits colis Shein arrivant à l’aéroport de Roissy-CDG. Au total, 320 474 colis ont été examinés, avec un focus particulier sur les produits non textile : jouets, cosmétiques, petits appareils électriques ou gadgets variés.​

Le verdict est sans appel : environ 25% des produits non textiles contrôlés ont été jugés non conformes, soit un article sur quatre qui ne respecte pas les exigences européennes. Ce chiffre, déjà très élevé, revoit pourtant à la baisse les premières estimations du gouvernement, qui évoquait 80% de non-conformité sur 200 000 colis vérifiés juste après l’opération.

Contrefaçons, marquages absents, jouets non conformes

Derrière ce taux de non-conformité se cache un cocktail de problèmes qui va bien au-delà du simple défaut d’étiquetage. Les douanes mentionnent plusieurs grandes familles d’irrégularités : contrefaçons, absence de marquage ou de notices sur des cosmétiques et appareils électriques, non-respect des normes pour certains jouets… Concrètement, on retrouve des jouets qui ne respectent pas les normes de sécurité, des cosmétiques sans liste d’ingrédients lisible ou sans notice en français, ou encore des appareils électriques dépourvus de documentation technique conforme.

Textiles épargnés… grâce à une fermeture stratégique

Surprise de ce contrôle XXL : les produits textiles Shein, pourtant cœur de métier de la plateforme, apparaissent beaucoup plus discrets en matière de respect des règles. Les douanes indiquent que les articles textiles ont montré “peu de non-conformité”, un résultat nettement meilleur que celui des produits hors textile.

Une situation qui ne doit rien au hasard. Les services douaniers l’expliquent par un choix tactique de Shein : la fermeture temporaire de sa marketplace quelques jours avant l’opération, suite à la découverte de poupées pédopornographiques a permis de limiter les produits en vente à sa propre marque. Autrement dit, au moment du contrôle, la plateforme avait réduit la part de vendeurs tiers, souvent plus difficiles à encadrer, pour ne laisser passer que ce qu’elle maîtrise le mieux.

25%, c’est déjà un progrès

Si les 25% de non-conformité font déjà tache, ils représentent paradoxalement une forme de “progrès” par rapport à 2022. Lors d’une précédente opération ciblée sur les petits colis, 96% des articles contrôlés avaient été jugés non conformes ou contrefaits. Cette baisse reste toutefois toute relative à l’échelle des volumes : en France, le nombre d’articles transportés dans les petits colis est passé de 170 millions en 2022 à 773 millions en 2024, dont 97% en provenance de Chine. Même avec “seulement” 25% de non-conformité, la quantité d’objets problématiques qui arrivent sur le territoire reste colossalement élevée.

En toile de fond, cette opération s’inscrit dans un bras de fer plus large entre l’Union européenne et les géants du e-commerce à bas coût. Face à l’explosion des petits colis importés, les États européens préparent l’instauration d’une taxe forfaitaire sur chaque envoi à partir du 1er juillet 2026. En France, cette taxe pourrait culminer à plusieurs euros par colis.

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