Sur le salon de Las Vegas, difficile de faire plus frontal. Throne a présenté un petit boîtier blanc qui se fixe discrètement sur le côté de la cuvette, juste sous l’abattant. À l’intérieur : une caméra, un micro et une série de capteurs optiques et acoustiques. Leur rôle est simple sur le papier : observer ce qui se passe à chaque passage aux toilettes.
Un ordinateur pour les toilettes
L’appareil analyse la fréquence des passages, le volume, la taille, la texture des selles, ainsi que la miction. Toutes ces données servent à établir ce que l’entreprise appelle un « profil digestif de référence », une sorte d’état normal, propre à chaque utilisateur. L’idée est ensuite de repérer rapidement toute variation inhabituelle.
Le projet est cofondé par John Capodilupo, à qui l’on doit également le bracelet de suivi de l’activité Whoop. Selon lui, l’enjeu est de comprendre le « rythme de base » du corps pour mieux détecter quand quelque chose s’en écarte. Il cite notamment les utilisateurs de traitements de type GLP-1, dont les effets secondaires digestifs nécessitent un suivi précis.
Sur le plan pratique, Throne fonctionne sur batterie, avec une autonomie annoncée d’environ un mois. La recharge ne devrait pas poser de problème : le produit est livré avec un câble USB-C de près de quatre mètres, c’est suffisamment long pour atteindre une prise sans démonter la salle de bain. L’appareil peut reconnaître jusqu’à six utilisateurs différents via Bluetooth.
Throne s’inscrit dans une tendance plus large observée cette année au CES : des technologies de plus en plus proches du corps et de la sphère privée (c’est le moins qu’on puisse dire). Là où une Apple Watch se limite à des constantes physiologiques « classiques », Throne pousse la logique beaucoup plus loin, en faisant des déchets biologiques une source de données exploitables.
L’entreprise insiste sur la sécurité : les informations collectées sont chiffrées et protégées, et une partie du traitement sera effectuée localement avant l’envoi d’analyses vers le smartphone de l’utilisateur. Mais la nature même de l’appareil est problématique : transformer l’un des derniers espaces non surveillés du quotidien en zone de mesure permanente ne laisse personne indifférent !
Commercialement, Throne assume un positionnement grand public. Les précommandes sont ouvertes à un prix de 340 $, auquel s’ajoute un abonnement mensuel de 6 $ pour accéder aux analyses. Les premières livraisons sont prévues pour février. L’entreprise reconnaît ne pas encore pouvoir démontrer l’efficacité médicale du produit, des tests étant encore à venir.
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