Passer au contenu

L’armée française mise sur Mistral pour muscler son IA

Mistral AI vient de signer un contrat très important : le ministère des Armées ouvre à la startup française les portes de ses usages d’IA. Un accord-cadre qui combine technologies de pointe, données sensibles et la promesse de garder tout cela bien au chaud dans des infrastructures françaises.

Le ministère des Armées a officialisé un accord-cadre avec Mistral AI. Concrètement, les forces armées, plusieurs directions du ministère et divers organismes publics associés vont pouvoir utiliser les modèles, logiciels et services d’IA développés par la jeune pousse française. Parmi les bénéficiaires figurent notamment le Commissariat à l’énergie atomique, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales ou encore le Service hydrographique et océanographique de la Marine.

Une IA « maison » pour les armées

L’ensemble est supervisé par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD), qui pilote la montée en puissance de l’IA au sein du ministère. Point central de l’accord : les technologies de Mistral seront déployées exclusivement sur des infrastructures contrôlées par la France. Un choix loin d’être anodin à l’heure où la question de l’hébergement des données sensibles et du droit applicable devient un sujet hautement politique.

Mistral l’assure : ses modèles seront ajustés à partir de données propres à la défense afin de répondre à des besoins très concrets, qu’il s’agisse d’analyse, de planification ou de soutien aux opérations. En revanche, pas un mot sur le montant du contrat. Le secret défense a parfois bon dos.

Du côté du ministère, il s’agit de renforcer la « souveraineté technologique » française. Dans sa communication, l’institution explique vouloir conserver la main sur des outils d’IA devenus centraux dans de nombreux pans de l’activité militaire et administrative. Bertrand Rondepierre, directeur de l’AMIAD, parle d’« une étape majeure » pour consolider les capacités en IA générative des armées, tout en gardant un contrôle total sur les technologies utilisées.

Pour Mistral AI, fondée en 2023, l’opération tombe à point nommé. Valorisé autour de 13,6 milliards de dollars après une levée de fonds l’an dernier, l’acteur français se pose de plus en plus comme une alternative européenne crédible aux géants américains de l’IA. Son discours insiste sur la puissance de ses modèles, mais aussi sur leur compatibilité avec les exigences européennes en matière de contrôle des données.

La démarche française s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large. Partout en Europe, les gouvernements réexaminent leur dépendance aux technologies venues des États-Unis, que ce soit dans le cloud, les semi-conducteurs ou désormais l’intelligence artificielle. Cela fait écho à ce qui se passe outre-Atlantique, où l’administration américaine multiplie les contrats avec des acteurs nationaux comme OpenAI, Anthropic ou xAI pour des usages militaires.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode