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Réchauffement climatique : la planète frôle un seuil critique après trois années hors normes

Huit bases de données mondiales, de la NASA à Copernicus, arrivent exactement au même résultat : le thermostat planétaire s’emballe et le point de non retour a été atteint. Bientôt, nous regretterons presque la période 2000-2020 pour leur fraîcheur.

Promis, nous aurions aimé arriver avec de meilleures nouvelles concernant la bonne santé de notre belle planète, mais vous risquez d’être un peu déçu (si vous avez déjà jeté un petit coup d’œil au moins une fois aux rapports du GIEC). Le bilan climatique de l’année 2025, tout juste consolidé par les expert de la NASA, de Copernicus et de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) vient craquer l’allumette sur le baril de poudre que nous remplissons depuis 1850.

Après les nouvelles toutes aussi rejouissantes que nous vous partagions concernant le rapport State of The Climate 2025, les trois organismes ont conclu que l’année qui vient de s’écouler vient de clore un triennat (2023-2025) surclassant tout ce que nous avons connu. Jamais, dans l’histoire des analyses climatiques, nous n’avions observé une telle envolée des courbes de températures. Allez, on vous explique pourquoi la fête est finie et pourquoi personne n’aura le droit à son dessert !

2023-2025 : le triennat de l’enfer

Depuis le choc pétrolier des années 1980, le réchauffement a quitté sa courbe linéaire et n’a fait que s’emballer, chaque décennie surclassant systématiquement la précédente. En revanche, l’année 2023 a marqué une rupture sur le plan statistique, car l’écart mesuré par rapport aux années précédentes était si imortant qu’il invalidait les modèles de prévision linéaires utilisés par la communauté internationale. 2024 a suivi, remportant avec elle le triste trophée d’année la plus chaude jamais enregistrée.

Même si 2025 n’a été « que » la troisième du podium, la température mondiale moyenne a atteint 15,08  °C (soit 1,44 °C au-dessus de l’ère préindustrielle) : une grosse déviation même par rapport à la tendance déjà très violente des quarante dernières années. Robert Rohde, scientifique en chef chez Berkeley Earth, est formel : « Ces trois dernières années indiquent une accélération du réchauffement. Elles ne sont plus cohérentes avec la tendance que nous observions pendant le demi-siècle précédent ».

Un record établi alors même que l’année a été marquée par deux épisodes La Niña assez intenses, un phénomène cyclique qui refoidit la surface du globe. Si la planète surchauffe ainsi alors que son plus grand climatiseur naturel est à fond, imaginez le chaos quand le prochain El Niño viendra souffler sur les braises.

Pour Victor Gensini, météorologue à L’université du Nord de l’Illinois, « c’est un autre coup de semonce où les températures records deviennent la norme, et non l’exception ». Ca donne envie hein ? Savourez bien ces deux prochaines années, parce que la suite s’annonce encore pire.

2029 : l’année où la nostalgie va nous piquer

Voilà les projections de Copernicus et Berkeley Earth pour 2029 : d’ici trois ans, la moyenne lissée sur dix ans de la température mondiale devrait franchir la limite des 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Le fameux seuil des Accords de Paris, qu’on savait déjà hors d’atteinte depuis le mois de juin dernier. Toute action humaine serait dérisoire pour essayer de contrer cette hausse, puisque l’inertie thermique du système Terre a déjà stocké toute cette énergie excédentaire (sous forme de chaleur) dans les océans.

Même si nous stoppions dès demain toute activité industrielle, que nous abandonnions nos voitures pour nous mettre au vélo (musculaire, hein, pas électrique), que nous débranchions tous les serveurs de la planète et que nous troquions nos centrales à gaz pour des bougies en cire d’abeille, cela ne changerait rien à cette échéance.

Nous avons déjà payé pour ce réchauffement et la livraison est simplement échelonnée. Les océans, qui ont servi de gigantesque batterie thermique en absorbant plus de 90 % de l’excès de chaleur anthropique, saturent. Ce tampon calorifique commence à diffuser son surplus vers l’atmosphère et il n’existe aucun remède à ce processus.

Samantha Burgess, responsable chez Copernicus, pose la cerise sur le gâteau (avarié) de ce bilan 2025 : « Dans dix ans, quand nous aurons basculé dans les années 2030… la multiplication des cataclysmes mondiaux sera notre quotidien. Le prix à payer pour les ravages et les impacts de ces crises sera devenu insoutenable. Et c’est là que nous regarderons en arrière, vers ce climat “tempéré” du milieu des années 2020, avec une nostalgie qui nous piquera les yeux ».

Donc oui, il n’y a plus rien à faire et nous pouvons passer notre chemin. L’idée que nous pourrions encore sauver quoi que ce soit par la simple vertu de nos choix personnels est sans doute la plus grande opération de communication de l’histoire. En nous refilant lâchement ce fardeau, les vrais responsables de ce désastre (conglomérats extractivistes, décideurs politiques, gros poissons de la finance, cabinets d’influence, GAFAM etc.) ont accompli le hold-up parfait : faire peser la responsabilité de la situation actuelle sur nos épaules en esquivant le bilan de leur propre parasitisme. Les dés sont jetés, mais il étaient pipés depuis depuis 150 ans, faisant de notre génération celle qui doit solder une dette écologique contractée d’un progrès qui n’était en réalité qu’un prêt à taux usuraire, dont la Terre vient aujourd’hui réclamer le remboursement intégral.

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