Après la fin du courrier papier au Danemark fin 2025, La Poste française peut-elle vraiment suivre le même chemin ? Depuis 2009, le volume de courrier distribué par La Poste est en chute libre, avec une baisse de plus de 12 milliards d’unité (soit près de 70% du volume total) en moins de 15 ans. Dopée par les emails, les apps de messagerie et les signatures électroniques, la tendance du tout dématérialisé s’accélère, au détriment des envois papier, qui semblent réservés à quelques formalités administratives, et aux envois plus volumineux.
Pourquoi le Danemark abandonne le courrier papier ?
Fin décembre 2025, PostNord, le service postale du Danemark a stoppé net la distribution de courrier papier au Danemark, supprimant 1500 boîtes aux lettres et autant d’emplois, et obligeant les usagers à migrer vers des alternatives privées pour leurs envois papier. Seuls 80 millions de lettres devraient encore circuler en 2026, vestige d’un système obsolète jugé obsolète face au numérique.
La France va-t-elle abandonner le courrier papier ?
Si la question se pose en France, pas question de suivre le même chemin avant longtemps. Interrogé par RMC Conso, Stéphane Travert, député et président de l’Observatoire national de la présence postale (ONPP), balaie l’idée d’un arrêt brutal, tout en rappelant que “La Poste a des missions de service public auxquelles on ne peut mettre fin comme ça“. Chez nous, les habitudes ne changeront pas de suite : six distributions hebdomadaires sont garanties jusqu’en 2036 au moins, et si l’heure est aux économies de bouts de chandelle, il n’est pour l’instant pas question de déléguer la distribution de courrier à des privés, au risque de creuser les inégalités territoriales.
Il faudra toutefois se serrer la ceinture, et faire quelques concessions. La Poste optimise déjà son réseau, avec la réduction progressive des points de contact. Mais le service public restera la norme : pas de privatisation, pas de suppression des tournées quotidiennes, et un maintien des obligations légales malgré la concurrence des livreurs privés. Avec l’explosion du e-commerce, la pression monte, mais Bruxelles impose un service postal jusqu’en 2033, au minimum. De son côté, la Poste investit déjà 200 millions d’euros annuels en logistique verte et solutions dématérialisées, histoire d’anticiper au mieux la transition et de faire face à de nouveaux concurrents en provenance de l’étranger. En attendant, le pays conserve son réseau de 17 700 points de contact sur tout le territoire, un chiffre largement au-dessus des moyennes européennes.
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