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Les robotaxis de Tesla enfin sans superviseur humain à bord… ou presque

Après une décennie de promesses, de reports et de déclarations enflammées, Tesla peut enfin l’annoncer officiellement : à Austin, certains de ses robotaxis circulent désormais sans superviseur humain à bord. Une avancée réelle mais soigneusement encadrée, qui n’est pas vraiment l’aboutissement tant annoncé de la conduite autonome.

Cette semaine, Elon Musk s’est empressé d’annoncer la nouvelle sur son réseau social : les robotaxis Tesla ont commencé à transporter des passagers à Austin sans superviseur humain assis dans la voiture. Pour la première fois, officiellement, personne n’est présent à bord — hormis les clients. De quoi permettre au patron de Tesla de saluer le travail de ses équipes IA et de cocher, enfin, une case longtemps promise.

Une autonomie sous surveillance

Dans les faits, le changement est plus subtil qu’il n’y paraît. Jusqu’ici, les tests menés depuis juin dernier à Austin imposaient la présence d’un superviseur sur le siège passager. En Californie, des conducteurs de sécurité restent même derrière le volant. Désormais, certains Model Y roulent seuls… mais pas totalement livrés à eux-mêmes. Plusieurs vidéos montrent des Tesla « suiveuses » accompagnant les robotaxis, avec des opérateurs humains prêts à intervenir si nécessaire. Autrement dit, la prudence reste de mise, et le déploiement se fera au compte-gouttes.

https://x.com/Tsla99T/status/2014392609028923782

Cette approche progressive n’est pas totalement injustifiée. Depuis le lancement du service à Austin, la flotte de robotaxis Tesla a été impliquée dans plusieurs accidents déclarés aux autorités américaines, alors même que des superviseurs étaient présents à bord. Rapporté aux distances parcourues, le taux d’accident reste sensiblement plus élevé que celui d’un conducteur humain moyen.

Autre élément qui justifie le scepticisme : la transparence. Tesla utilise largement les possibilités de caviardage offertes par la législation US dans ses rapports d’accident, ce qui empêche de comprendre précisément les circonstances des incidents. À l’inverse, son principal concurrent, Waymo, communique beaucoup plus en détail sur ses événements, tout en revendiquant des dizaines de millions de kilomètres parcourus en conduite entièrement autonome.

L’ampleur même du programme texan est aussi un problème. Contrairement aux chiffres avancés par Elon Musk par le passé, la flotte active à Austin resterait limitée à quelques dizaines de véhicules, avec parfois moins d’une dizaine réellement en circulation en même temps. On est loin des centaines, voire des milliers de robotaxis promis « dans les mois suivant le lancement ».

Reste la grande question : quand cette technologie sera-t-elle accessible au grand public, sur les Tesla des particuliers ? Le constructeur assure que les Model Y utilisés à Austin sont mécaniquement identiques aux voitures vendues aux clients, mais qu’ils embarquent une version plus avancée du logiciel Full Self-Driving (FSD).

Pour l’instant, on est donc encore loin de la conduite autonome pour tous. La présence de véhicules suiveurs, le recours massif à la supervision à distance et la montée en charge très graduelle montrent surtout que Tesla avance avec une extrême précaution. Ce lancement « sans conducteur » ressemble donc davantage à une victoire symbolique qu’à une démonstration définitive.

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