En 2026, le Pass Culture change de visage. Rachida Dati, en visite à Saint-Dié-des-Vosges, a annoncé en fin de semaine dernière la généralisation du dispositif à tous les publics, quel que soit l’âge, via l’application dédiée. Pas de faux espoirs, il ne s’agit plus d’étendre la cagnotte aux adultes, mais de promouvoir l’application mobile liée au dispositif, qui permettra de repérer les événements culturels près de chez soi, façon agenda géolocalisé.
Le Pass Culture devient une application pour tous
Ce virage intervient alors que le budget alloué au Pass est raboté : 127 millions d’euros en 2026, contre 170 millions en 2025. La somme accordée aux mineurs, cœur symbolique du dispositif lancé sous Emmanuel Macron, est elle aussi réduite de moitié, passant de 300 à 150€. Le Pass Culture, vitrine de la politique culturelle du précédent quinquennat, se retrouve dans une logique de survie : il n’est plus tant question de financer l’accès à la culture des jeunes que d’aider les Françaises et les Français à connaître les évènements qui ont lieu autour d’eux. Et tant pis s’ils n’ont pas les moyens d’y accéder.
Avant de devenir un Pass pour tous, l’application a été éprouvée dans le Grand Est, depuis novembre 2024. Le test grandeur nature a entraîné l’arrivée de 264 acteurs culturels supplémentaires sur la plateforme, portant le total régional à 3500, rapportent nos confrères du Monde. L’objectif est clair : recenser aussi bien les grandes institutions que les micro évènements locaux. Un repositionnement qui permettra de donner de la visibilité à l’offre de proximité, particulièrement dans les territoires ruraux, où les habitants peinent à identifier ce qui se passe à deux pas de chez eux. Une campagne de communication nationale est prévue courant 2026 pour inciter le grand public à s’emparer de l’outil.
Une application pour faire oublier un budget en chute libre
Si l’ouverture symbolique à tout le monde offre un storytelling optimiste, le volet financier, lui, se durcit pour les jeunes. Un arrêté du 3 décembre 2025 vient redéfinir les règles d’utilisation du Pass Culture, et ce n’est pas une bonne nouvelle. Plus largement, le périmètre des dépenses éligibles a aussi été reconfiguré. Aux secteurs déjà concernés (musées, spectacle vivant, cinéma, musique, livres, jeux vidéo, presse, matériel créatif…) s’ajoutent désormais le design, les métiers d’art et la culture scientifique, technique et industrielle. En miroir, un certain nombre d’activités de loisirs sont désormais exclues, en particulier les escape games, particulièrement populaires chez les jeunes.
Avec cette remise au point, le gouvernement rencontre le dispositif sur des acteurs clairement identifiés. Le geste politique consiste donc moins à injecter de nouveaux moyens qu’à optimiser, voire contrôler plus strictement, ceux qui restent. L’idée d’un outil utilisable par tous était déjà avancée en 2019 par Françoise Nyssen, alors ministre de la culture.
Une aide supplémentaire pour les plus modeste
Reste le volet social, encore flou : un bonus de 50€ est promis aux jeunes aux ressources modestes ou en situation de handicap, avec effet rétroactif au 1er mars 2025, mais sans précision publique pour l’instant sur le seuil de quotient familial ni le nombre de bénéficiaires. Une incertitude qui nourrit le sentiment d’un dispositif précaire, pris entre contraintes budgétaires et impératif d’affichage politique.
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