On pourrait croire à un détail technique, un incident isolé. En réalité, ces dégradations mettent hors service des bornes entières, coûtent cher aux réseaux locaux et renvoient une image inquiétante d’un dispositif déjà régulièrement critiqué pour son manque de fiabilité.
L’exemple le plus récent vient de Seine-et-Marne, où une borne rapide a été neutralisée en pleine nuit après l’arrachage complet de son câble. L’opération n’a duré que quelques minutes, malgré la présence de caméras. Pour l’exploitant, la facture est lourde avec plusieurs milliers d’euros pour remplacer le cordon, vérifier l’électronique et remettre la station en service. Ces cas se multiplient aussi dans le Nord, et plusieurs syndicats départementaux de l’énergie font désormais état d’incidents quasi hebdomadaires.
Ce que recherchent les voleurs, c’est le cuivre
La valeur n’est pas exceptionnelle, mais suffisante pour motiver des bandes organisées équipées de disqueuses portatives. Le rapport effort/gain leur est favorable puisqu’un câble se revend quelques dizaines d’euros, mais son remplacement peut dépasser les 5 000 € pour l’opérateur. Cette asymétrie transforme chaque borne rapide en cible potentielle. Les bornes accessibles, peu éclairées ou isolées sont logiquement les premières touchées, même si les stations en zone commerciale ne sont plus épargnées.
Pour les conducteurs de véhicules électriques, la conséquence est immédiate. Une borne vandalisée peut rester hors service plusieurs jours, parfois davantage si la pièce n’est pas disponible. Dans un réseau encore fragile, où la disponibilité reste un enjeu quotidien, ces interruptions alimentent la frustration des usagers et compliquent les déplacements longue distance. Certains gestionnaires évoquent même la possibilité de réduire le nombre de bornes rapides, jugées trop coûteuses à entretenir face à ces actes de malveillance.
Face à la recrudescence des vols, les professionnels du secteur commencent à réclamer une réponse plus ferme. L’organisation Mobilians, qui représente de nombreux acteurs de la mobilité, demande que le vol de câbles soit intégré dans les dispositifs de lutte contre le vol de métaux, un cadre qui faciliterait les poursuites et renforcerait la coopération avec les forces de l’ordre. Sur le terrain, plusieurs réseaux testent désormais des solutions techniques : gaines renforcées, systèmes antivol internes, ou encore marquage chimique permettant de tracer un câble volé.
Reste que ces mesures prennent du temps, et surtout qu’elles ne régleront pas tout. Le cuivre suscite toujours autant de convoitise, les bornes continuent de s’installer à grande vitesse, et la majorité des câbles reste physiquement accessible. Tant que le risque sera faible pour les voleurs et le préjudice élevé pour les opérateurs, le problème ne disparaîtra pas. À court terme, c’est donc la robustesse du réseau qui est en jeu, et avec elle, la confiance dans la mobilité électrique.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.