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En France, la vérification d’âge pourrait arriver sur les réseaux sociaux

Montrer sa carte d’identité avant de se connecter à Instagram et X, c’est peut-être pour demain.

Jusqu’à présent, la démarche était réservée aux sites pour adultes depuis la promulgation de la loi SREN pour la protection des mineurs en ligne. Avec l’idée d’une majorité numérique à 15 ans, l’étau était fatalement amené à se resserrer autour des réseaux sociaux. Cette semaine, Gabriel Attal a détaillé les méthodes envisagées pour interdire les plateformes en ligne aux moins de 15 ans : selfies, pièces d’identité ou tiers de confiance. Le Parlement accélère, mais des doutes persistent sur l’efficacité et la vie privée.

Une vérification d’âge avant 2027 ?

Emmanuel Macron avait promis de pousser ce chantier avant la fin de son mandat, avec l’objectif de protéger la santé mentale des ados. Mais comment imposer un âge minimum sans froisser l’Europe ni les plateformes ? La proposition de loi, portée par la députée Laure Miller et soutenue par Gabriel Attal, fixe à 15 ans l’âge minimum pour s’inscrire sur les réseaux sociaux. Adoptée en commission le 14 janvier 2026, elle a été examinée le 26 janvier à l’Assemblée, avec un large soutien. Le gouvernement s’est rallié au texte, abandonnant son propre projet initial pour éviter un conflit avec le Digital Services Act (DSA) européen.

Reste la question technique : comment vérifier l’âge sans déclaration sur l’honneur, facilement contournée ? Gabriel Attal, interrogé sur RTL, évoque des outils déjà testés sur les sites pornographiques : un selfie pour reconnaissance faciale ou l’envoi de documents d’information sur l’âge, comme une pièce d’identité ou une carte bancaire. Ces méthodes, inspirées du DSA, pourraient forcer les plateformes à agir sous peine de sanctions européennes.

La CNIL veut une solution fiable

La CNIL recommande depuis 2021 des systèmes équilibrés protégeant la vie privée. Pas de base de données centralisée par l’État, mais un “tiers de confiance” indépendant, sur le principe du double anonymat : il reçoit la preuve de majorité, valide la majorité et envoie une confirmation, sans identité ni historique. Malgré l’élan législatif, l’efficacité reste incertaine: comme sur les sites pornographiques, les VPN, faux profils ou déclarations mensongères trompent déjà les systèmes actuels. De son côté, la CNIL alerte sur les risques de traçage indirect, particulièrement problématiques s’ils concernent des mineurs. En parallèle, se pose la question de la responsabilité parentale, trop souvent écartée de l’équation quand il s’agit de protéger les mineurs des dangers d’une surexposition aux réseaux sociaux.

Si la France n’est pas encore au niveau de l’Australie, le dispositif pourrait gagner de l’ampleur dans les années à venir. Les premiers résultats observés sur la terre australe font état de signaux encourageants, alors que le pays a interdit les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans.

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