Il fallait s’y attendre. Depuis décembre 2025, le Département des Transports américain (DOT) travaille en collaboration étroite avec Google Gemini pour rédiger ses règlements de sécurité. Objectif : générer des projets de texte fédéraux en quelques minutes, alors que la procédure nécessite habituellement des mois de travail. Gregory Zerzan, le conseiller général du département, présente cette initiative comme le début d’une vague d’IA dans l’administration Trump, qui permettrait d’accélérer considérablement les échéances politiques.
Trump veut de l’IA au gouvernement
Selon nos confrères de Gizmodo, qui rapportent des notes de réunion internes révélées par ProPublica, Donald Trump serait “très excité” par ce virage. Il faut dire que le président n’a jamais caché son intérêt pour l’intelligence artificielle. Un premier règlement de la FAA (aviation civile) a été rédigé en partie grâce à la génération automatique, avec une perspective de publication imminente.
L’IA va remplacer les fonctionnaires
Trump ne porte pas les fonctionnaires fédéraux dans son cœur, et l’arrivée de l’IA dans l’équation ne fait qu’enfoncer le clou. Dans un contexte de réduction drastique des effectifs, avec 4000 postes supprimés depuis le début de son mandat, le président veut automatiser la rédaction dite “règlementaire” (préambules, annexes…), pour permettre aux humains de se concentrer sur l’essentiel. Une politique minimaliste, alors même que Gregory Zerzan martèle qu’une loi n’a pas besoin d’être parfaite, mais juste “suffisamment bonne” pour être appliquée.
Concrètement, le rôle de l’IA concentrerait 80% à 90% des efforts, tandis que l’humain se chargerait de la relecture, notamment pour traquer les hallucinations, ces erreurs factuelles typiques des modèles génératifs. Un rôle de surveillance qui inquiète déjà. Dans le secteur de la sécurité, la moindre erreur peut-être fatale. Pourtant, ce n’est pas la première fois que l’IA s’immisce en politique. Le 5 mai dernier, les Émirats arabes unis devenaient le premier pays au monde à confier à l’intelligence artificielle la rédaction et la révision de leurs lois après avoir nommé un ministre de l’IA en 2017 et investi massivement dans l’éducation algorithmique. Le projet d’une gouvernance (en partie) automatisée aux États-Unis pourrait inonder le pays de règlementations hasardeuses, et conduire à l’exact opposé de ce que souhaitait Trump, en créant une couche supplémentaire de complexité administrative. La bonne nouvelle c’est que l’Europe n’est clairement pas (encore) prête à sauter le cap. La mauvaise, c’est que a décision pourrait bien inspirer d’autres pays à mettre un pied de plus dans la gouvernance algorithmique, alors même que le monde manque cruellement de recul sur la question.
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