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Retour sur la Lune : la NASA n’a que quelques jours pour réussir son lancement

Plus de cinquante ans après le dernier pas de l’homme sur la poussière lunaire, la NASA s’apprête à valider l’une des étapes les plus importantes du programme Artemis : une simulation complète du lancement de la fusée qui emportera les astronautes.

C’est le moment de vérité : depuis samedi dernier, le centre spatial Kennedy est agité par les allers et venues des ingénieurs de la NASA. L’agence a lancé le coup d’envoi de son ultime examen de passage : le Wet Dress Rehearsal (WDR). Durant 48 heures, les ingénieurs vont gaver les réservoirs du Space Launch System (SLS) avec plus de 2,6 millions de litres de carburant cryogénique. L’objectif étant de suivre la procédure de décollage à la seconde près, jusqu’à T-29 secondes, pour s’assurer que le lanceur et le pas de tir 39B communiquent en parfaite symbiose.

C’est de ce succès que dépendra le destin de la mission la mission Artemis II. Si le SLS boit son carburant sans hoquet, Reid Wiseman et son équipage pourront enfin s’arracher à la gravité terrestre. Le rendez-vous avec l’histoire est fixé au dimanche 8 février (soit le lundi 9 février à 5 h 20, heure de Paris). Pour les plus passionnés d’entre vous, la NASA diffuse en ce moment-même, en live sur YouTube, des images de la fusée en préparation (voir ci-dessous).

Embouteillage en orbite : le dilemme du calendrier

Si c’est ce lancement qui concentre tous les regards, la NASA doit jouer sur deux tableaux en même temps. En effet, alle est également obligée de gérer la relève de l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS). Une mission accélérée suite au retour prématuré des astronautes de Crew-11, une évacuation d’urgence qui vient de se dérouler le 14 janvier.

Le planning est donc très serré : si un lancement vers la Lune est théoriquement possible presque tous les jours, les contraintes opérationnelles et d’ensoleillement réduisent les opportunités à quelques fenêtres par mois. Pas le choix donc : si le SLS ne quitte pas son pas de tir d’ici le 11 février, dernier délai pour ce mois-ci, Artemis II devra céder sa place.

« Une période passionnante »

Malgré une tension que l’on imagine à son comble, l’effervescence au sein du corps des astronautes est totale. Et pour cause : les deux équipages sont dans le même bateau. Jack Hathaway, qui fait partie du prochain vol vers l’ISS, confie avec enthousiasme : « On ne pourrait pas rêver d’un moment plus incroyable : ils sont en quarantaine, nous sommes en quarantaine, et nous essayons de lancer deux fusées quasiment en même temps. C’est une période vraiment passionnante pour faire partie de la NASA ».

.Si le feu vert est donné le 8 février, les quatre astronautes (Reid Wiseman, le commandant, Victor Glover, pilote, Christina Koch, spécialiste de mission et Jeremy Hansen, qui occupe le même rôle) s’élanceront pour un périple de dix jours. Ils n’aluniront pas mais survoleront notre satellite et effectueront, pour revenir sur Terre, une trajectoire en retour libre.

En profitant de la gravité lunaire comme une fronde, la capsule Orion sera propulsée vers la Terre sans avoir à rallumer ses moteurs principaux et heurtera l’atmosphère terrestre à environ 40 000 km/h avant d’amerrir en douceur dans l’océan Pacifique. Des hélicoptères de l’U.S. Navy (Sikorsky MH 60-S Seahawk) viendront ensuite les hélitreuiller et la capsule, une fois stabilisée par des bouées, sera récupérée par le navire USS Somerset.

Au passage, ils battront le record de la plus grande distance atteinte de la Terre par un équipage humain, toujours détenu par Apollo 13 (400 171 km). L’équipage d’Artemis II atteindra les 400 700 km car ils passeront à 10 300 km derrière la face cachée de la Lune. Prions pour que tout se déroule comme prévu et que la NASA n’ait pas à reporter encore une fois le lancement : l’agence joue ici la crédibilité de tout son programme, qui a essuyé de nombreuses critiques. Si le lancement est réussi avant le 11 février, elle pourra savourer son retour sur le devant de la scène : préparez les mouchoirs, le spectacle promet d’être à couper le souffle !

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