Les terres rares n’ont rien d’exotique dans leur nom, mais elles sont partout dans notre quotidien. Ce groupe de minerais, auquel s’ajoutent d’autres matériaux dits « critiques » comme le gallium, le cobalt ou le tungstène, est indispensable à la fabrication des technologies modernes. Sans eux, pas de smartphones, pas de moteurs électriques performants, pas de capteurs avancés ni d’équipements aéronautiques de pointe. Les aimants utilisés dans les voitures électriques, les composants de turbines ou certaines pièces d’avions de chasse reposent sur ces ressources difficiles à remplacer.
La peur de manquer de terres rares
Le problème, pour les États-Unis, tient à la géographie. La Chine assure près de 69 % de la production mondiale de plusieurs de ces minerais. Dès 2019, Pékin avait laissé entendre que le pays pourrait utiliser sa position privilégiée comme un levier commercial. La menace s’est concrétisée au printemps dernier, lorsque plusieurs terres rares ont été ajoutées à une liste de contrôles à l’exportation, au moment même où les relations commerciales avec Washington se tendaient à nouveau.
L’impact a été rapide. Privées d’un accès simple à ces ressources, certaines entreprises américaines ont ralenti leur production, voire interrompu des lignes entières. Faute de solution immédiate, la Maison-Blanche a fini par alléger une partie des droits de douane imposés à la Chine. Officiellement, l’accord a été présenté comme une victoire. Dans les faits, il a surtout rappelé à quel point l’économie américaine restait vulnérable sur ce terrain.
C’est cette dépendance que Donald Trump veut corriger. « Nous ne voulons plus jamais revivre ce que nous avons vécu l’an dernier », a-t-il expliqué. Pour le président américain, l’enjeu dépasse la simple industrie civile : les terres rares sont aussi essentielles aux équipements militaires et aux infrastructures stratégiques. S’assurer de leur disponibilité, c’est donc aussi une question de sécurité nationale.
Baptisé « Project Vault », le dispositif annoncé par Donald Trump prévoit la constitution d’une réserve stratégique de minerais critiques de 12 milliards de dollars. Le financement repose sur 2 milliards de capitaux privés et d’un prêt de 10 milliards de l’Export-Import Bank des États-Unis, le plus important jamais accordé par l’institution.
Les industriels participants s’engagent à acheter à l’avance certains volumes de minerais à un prix fixé. Project Vault se charge de les acquérir et de les stocker. En cas de pénurie ou de flambée des prix, les entreprises peuvent puiser dans cette réserve, à condition de la reconstituer par la suite. L’objectif est d’éviter les arrêts de production sans obliger chaque groupe à gérer son propre stock. Le projet a déjà convaincu des poids lourds comme General Motors, Stellantis, Boeing ou encore Google.
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