Pour se replonger dans l’ambiance, il faut remonter à la fin des années 1990. À l’époque, les souris « pour joueurs » n’existaient pas vraiment. On jouait avec ce qu’on trouvait, souvent des périphériques pensés avant tout pour la bureautique. C’est dans ce paysage encore flou qu’est apparue la Kärna Razer Boomslang, lancée en 1999.
Une vitrine de musée à prix salé
Son petit truc en plus ? Une roue d’encodage plus précise que la concurrence, assurant un suivi des mouvements plus fin. Sur le papier, c’était déjà un argument pour les joueurs cherchant à grappiller le moindre avantage. Avec le recul, la Boomslang est souvent présentée comme l’une des toutes premières souris de jeu, même si le titre est discuté — Logitech avait dégainé sa Wingman Gaming Mouse un peu plus tôt.
À l’époque, Razer n’était pas encore la machine bien huilée que l’on connaît aujourd’hui. La marque appartenait alors à Kärna, une société qui fera faillite en 2005. La souris disparaîtra ensuite du catalogue pendant plusieurs années, avant un retour plus officiel en 2007, une fois Razer relancée comme entité indépendante. D’où ce « 20e anniversaire » un peu particulier, qui célèbre davantage l’histoire moderne de la marque que l’âge réel du rongeur.
Pour cette édition anniversaire, Razer n’a clairement pas fait dans la demi-mesure. Sur le plan technique, la Boomslang version 2026 est un concentré de ce que la marque sait faire aujourd’hui. Capteur optique montant jusqu’à 45.000 DPI, connexion sans fil à très faible latence avec un taux d’interrogation de 8.000 Hz, switches optiques, recharge sans fil magnétique… Rien à voir avec les entrailles mécaniques de la souris originale.
Le design se permet une mise en scène très appuyée. La coque laisse largement apparaître les composants internes, les boutons sont recouverts de polyuréthane façon cuir, et l’ensemble baigne dans un éclairage RGB généreux, réparti sur neuf zones et synchronisable avec des centaines de jeux.
La souris est livrée avec un dock de recharge en verre, lui aussi illuminé, ainsi qu’un cadre d’exposition rétroéclairé car tout de même, c’est bien le minimum. Razer ajoute même une paire de patins en verre « au cas où », pour remplacer ceux usés lors d’une mauvaise soirée sur Counter-Strike.
Tout cela a évidemment un prix. Et pas n’importe lequel : 1.337 euros, pour exactement 1.337 exemplaires produits. Le chiffre n’est pas choisi au hasard, puisqu’il renvoie au fameux « l33t » (elite), ce jargon des débuts d’internet pour désigner ce qui se voulait pointu ou avant-gardiste. À l’époque, la Boomslang originale se vendait entre… 70 et 100 $.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.


