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La messagerie WhatsApp est-elle réellement sécurisée ? Une plainte vient jeter le trouble

Meta se retrouve une nouvelle fois sous le coup d’une plainte. Cette fois, ce sont les promesses de confidentialité de WhatsApp qui sont visées. Un groupe international d’utilisateurs accuse l’entreprise d’avoir enjolivé la réalité du chiffrement « de bout en bout ». De son côté, Meta balaie l’affaire d’un revers de main.

Sur le papier, la promesse est simple et rassurante : sur WhatsApp, les messages sont protégés par un chiffrement de bout en bout. Autrement dit, seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent en prendre connaissance. Même Meta, propriétaire de la messagerie depuis 2014, n’est pas en mesure d’y accéder.

« Personne ne peut lire vos messages »

L’application le rappelle d’ailleurs noir sur blanc dans ses discussions : « seules les personnes dans cette discussion peuvent lire, écouter ou partager » les messages. Un argument devenu central dans la communication du service, à une époque où la confidentialité est scrutée de près. Mais pour un groupe de plaignants venus d’Australie, du Brésil, d’Inde, du Mexique et d’Afrique du Sud, cette promesse ne serait pas aussi solide qu’elle en a l’air. Dans une plainte déposée devant un tribunal fédéral de San Francisco, ils accusent le géant des réseaux sociaux d’avoir trompé les utilisateurs sur la réalité de la protection offerte.

Selon eux, Meta et WhatsApp « stockent, analysent et peuvent accéder à pratiquement toutes les communications prétendument ‘privées’ » des utilisateurs. Les plaignants parlent même de fraude à l’échelle mondiale. La plainte mentionne des « lanceurs d’alerte » qui auraient contribué à faire émerger ces informations. Mais le document reste discret sur leur identité ou sur les éléments techniques précis qui étayeraient ces accusations.

La riposte ne s’est pas fait attendre. Andy Stone, porte-parole du groupe, qualifie la procédure de « frivole » et promet de demander des sanctions contre les avocats des plaignants. « Toute affirmation selon laquelle les messages WhatsApp ne seraient pas chiffrés est catégoriquement fausse et absurde », affirme-t-il. Il rappelle que la messagerie utilise depuis une décennie le protocole Signal pour assurer le chiffrement de bout en bout, une technologie largement reconnue pour sa robustesse.

Autrement dit, pour Meta, il n’y a pas de zone grise : les messages sont chiffrés, point final. Les avocats des plaignants demandent toutefois à la justice de transformer l’affaire en action collective. Si le tribunal accepte, la procédure pourrait potentiellement concerner des milliards d’utilisateurs à travers le monde. Un scénario qui ferait passer l’affaire du simple contentieux technique à un bras de fer d’envergure.

Pour WhatsApp, l’enjeu est la confiance. Avec plus de deux milliards d’utilisateurs revendiqués, la messagerie repose largement sur l’idée d’un espace de discussion protégé. La justice devra désormais trancher : les promesses affichées correspondent-elles à la réalité technique ? Ou bien la communication a-t-elle été un peu trop enthousiaste ?

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