Pendant des années, le seul filet de sécurité disponible pour un jeune parent était le congé parental d’éducation. Indemnisé à hauteur de 456 € par mois, le dispositif permettait de poursuivre son congé maternité ou paternité, tout en bénéficiant d’une (petite) aide financière. Dans les faits, le montant de l’aide et sa méconnaissance du grand public avaient un effet largement dissuasif. Au point que les mères assumaient, presque seules, la charge des premiers mois.
Un nouveau congé de naissance mieux rémunéré
Inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance sera effectif depuis le 1er juillet 2026. Il s’agit d’un nouveau droit individuel : chaque parent pourra bénéficier de un à deux mois de congé indemnisé, en une ou deux périodes, simultanément avec l’autre parent ou en alternance, sans que ces durées ne se mutualisent dans un quota commun.
L’indemnisation sera dégressive. Le premier mois est pris en charge à 70 % du salaire net, le second à 60 %. Ces taux s’appliquent dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026, ce qui donne une indemnisation maximale de 2 803,50 € pour le premier mois et 2 403 € pour le second. Ce n’est pas un salaire complet, mais c’est déjà largement mieux que les 456 € mensuels du congé parental classique, qui restera par ailleurs disponible ensuite.
Qui est concerné, et comment en faire la demande ?
Le congé est accessible à tout parent d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026, y compris aux enfants nés prématurément dont le terme était initialement prévu après cette date. Une seule condition préalable s’impose : avoir intégralement épuisé ses droits au congé maternité, paternité ou d’adoption avant d’enclencher le congé supplémentaire.
Pour les naissances survenues entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le congé pourra être pris jusqu’au 31 mars 2027, délai exceptionnel accordé pour accompagner le début du dispositif. Pour les enfants nés à partir du 1er juillet 2026, la fenêtre sera de neuf mois suivant la naissance, prolongée en cas de naissances multiples ou d’allongement des congés légaux.
Côté démarches, les salariés devront informer leur employeur au moins un mois avant le début du congé, en précisant la date de début, la durée et l’éventuel fractionnement en deux périodes. C’est ensuite l’employeur qui transmet le dossier à la caisse primaire d’assurance maladie, les salariés n’ayant aucune démarche à effectuer directement auprès de la CPAM.
Sur le fond, la réforme s’inscrit dans un contexte démographique anxiogène, avec une natalité en baisse continue depuis plusieurs années en France, et l’appel gouvernemental à un « réarmement démographique » qui ne séduit personne.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.