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Disney et Paramount tapent du poing sur la table contre l’IA de ByteDance

Les vidéos générées par Seedance 2.0, le nouvel outil d’IA de ByteDance, n’amusent pas beaucoup Hollywood. Disney, Paramount et plusieurs organisations professionnelles accusent la plateforme d’exploiter sans autorisation leurs personnages emblématiques. ByteDance promet de « renforcer ses garde-fous », sans en dire beaucoup plus.

Depuis la mise en ligne de Seedance 2.0 le 12 février, les réseaux sociaux regorgent de vidéos spectaculaires créées à partir de simples instructions texte. L’outil, développé par le géant chinois ByteDance, permet de générer des séquences entières en quelques lignes de description. Résultat : des combats au sabre laser entre Anakin Skywalker et Rey, Spider-Man affrontant Captain America au cœur de New York, ou encore des duels improbables mettant en scène des acteurs hollywoodiens sur les toits d’immeubles.

Plus de protection dans Seedance

Les internautes applaudissent le réalisme… mais les studios, eux, beaucoup moins. Vendredi dernier, Disney a dégainé une lettre de mise en demeure accusant ByteDance de mettre à disposition « une bibliothèque piratée » de ses personnages protégés, notamment de Marvel et de Star Wars. Les avocats du groupe dénoncent une infraction de sa propriété intellectuelle, jugée « délibérée, généralisée et totalement inacceptable ».

Paramount Skydance a rapidement suivi. Dans un courrier adressé au patron de ByteDance, Liang Rubo, le studio affirme que Seedance et Seedream (la déclinaison image) reproduisent sans autorisation des univers comme South Park, Star Trek, Le Parrain, Dora l’exploratrice ou encore Avatar: The Last Airbender. Selon le studio, les contenus générés seraient « souvent indiscernables, tant visuellement qu’en audio » des œuvres originales.

La Motion Picture Association, qui représente notamment Warner Bros Discovery, Paramount et Netflix, demande à ByteDance de cesser immédiatement ses activités de contrefaçon. De son côté, le syndicat des acteurs SAG-AFTRA évoque une « violation flagrante ». Ambiance.

Face à cette salve de critiques, ByteDance adopte un ton mesuré. L’entreprise assure « respecter les droits de propriété intellectuelle » et affirme avoir « entendu les préoccupations concernant Seedance 2.0 ». L’entreprise dit travailler au « renforcement des protections existantes afin d’empêcher l’utilisation non autorisée de la propriété intellectuelle et de l’image des personnes ».

Quels garde-fous ? Mystère. La société n’a pas détaillé les mesures envisagées, ni les données utilisées pour entraîner son modèle. Un angle mort qui alimente les soupçons. ByteDance avait déjà suspendu la possibilité de téléverser des images de personnes réelles, un signe que l’IA permettait déjà de faire n’importe quoi. L’affaire ne se limite d’ailleurs pas aux États-Unis. Le gouvernement japonais a ouvert une enquête après l’apparition de vidéos d’animés populaires générées par IA, susceptibles d’enfreindre les droits d’auteur.

L’an dernier, Disney et NBCUniversal avaient poursuivi Midjourney pour production de « copies non autorisées » de leurs œuvres. Dans le même temps, Disney a signé un accord d’un milliard de dollars avec OpenAI pour lui donner accès à 200 personnages issus de ses franchises.

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