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Meta s’offre des montagnes de puces Nvidia pour verrouiller les conversations dans WhatsApp

Meta sort le carnet de chèques pour s’équiper de millions de GPU Nvidia nouvelle génération. Mais derrière les chiffres vertigineux et les ambitions IA tous azimuts, un mot revient en boucle : confidentialité. WhatsApp doit bientôt accueillir des fonctions dopées à l’IA, sans que les messages des utilisateurs ne deviennent pour autant une porte ouverte sur leur vie privée.

Quand Meta annonce un accord massif avec Nvidia, ce n’est pas pour faire de la figuration. Le géant des réseaux sociaux a confirmé l’achat de plusieurs millions de GPU issus des générations Blackwell et Vera Rubin, pour équiper ses futurs centres de données dédiés à l’IA. Le tout fait partie d’un plan d’investissement colossal : jusqu’à 135 milliards de dollars prévus pour l’IA en 2026, et la construction annoncée de 30 data centers d’ici 2028, dont 26 aux États-Unis.

De l’IA dans WhatsApp, mais sous clé

« Personne ne déploie l’IA à l’échelle de Meta », s’est félicité Jensen Huang, patron de Nvidia, qui évoque une collaboration poussée sur les processeurs, les cartes graphiques, le réseau et les logiciels. Mark Zuckerberg parle quant à lui de « superintelligence personnelle pour tout le monde ». Au-delà des formules spectaculaires et vides de sens, un élément mérite toute l’attention : l’intégration du « confidential computing » dans WhatsApp.

Meta compte utiliser la technologie de « Confidential Computing » de Nvidia pour permettre à l’IA d’opérer dans WhatsApp tout en garantissant « la confidentialité et l’intégrité des données des utilisateurs ». Autrement dit, faire tourner des fonctions intelligentes dans l’application sans transformer les conversations privées en terrain de jeu pour les serveurs.

Jusqu’à présent, le chiffrement protège surtout les données lorsqu’elles sont stockées ou quand elles transitent sur le réseau. Le moment délicat, c’est celui où les données sont effectivement traitées par un processeur. C’est là qu’intervient le confidential computing : il crée une enclave sécurisée à l’intérieur même de la puce, un espace isolé où les données sont déchiffrées, analysées, puis rechiffrées, sans que le système d’exploitation ou l’administrateur du serveur ne puisse y jeter un œil.

Autrement dit, même le propriétaire de la machine ne peut pas voir ce qui se passe dans cette bulle. Une procédure dite « d’attestation » permet en plus de vérifier que le matériel et le logiciel sont bien configurés pour empêcher toute manipulation. Meta veut faire passer l’idée auprès des utilisateurs de WhatsApp que l’IA peut aider, suggérer, organiser… mais les échanges restent sous verrou. Alors que la moindre fuite de données fait les gros titres, Meta mise clairement sur cet argument pour rassurer.

À mesure que l’intelligence artificielle s’invite dans les messageries, les services cloud ou les applications professionnelles, la protection des données « en cours d’utilisation » devient un enjeu central. Meta le sait : pour que l’IA s’impose dans WhatsApp et ailleurs, il faut convaincre que la technologie ne vient pas siphonner les conversations privées.

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