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Pourrez-vous encore dire “passe-moi tes codes Canal” en 2026 ?

Canal+ sème le doute quant à la fin du partage de compte. Lors de la présentation de ses résultats financiers, l’entreprise annonce explorer la possibilité de limiter l’utilisation d’un compte aux seuls résidents du même foyer.

La mythique campagne des “codes Canal” en prend un coup. En 2020,  Canal+ lançait une série de publicités autour d’une pratique commune chez ses clients : le partage de codes. Que ce soit pour regarder le sport ou des films récents, la plateforme sait pertinemment que ses clients s’échangent volontiers leurs accès afin d’économiser de précieux deniers. Jusqu’ici, elle fermait les yeux mais ça pourrait très vite changer.

Lors de la présentation de ses résultats financiers, Canal+ a évoqué la possibilité de restreindre le partage de compte pour améliorer sa rentabilité. La plateforme ne serait pas la première à appliquer de telles mesures, Netflix a ouvert la voie en 2023. À l’époque, la firme estimait que 100 millions de foyers utilisaient ses services sans payer un abonnement. Si l’annonce de cette nouvelle politique a provoqué un tollé, elle n’a pas tardé à porter ses fruits et a fait grimper sa base d’utilisateurs au dessus des 300 millions. Disney+ s’est ensuite engouffré dans la brèche et Canal+ pourrait bien être la prochaine sur la liste.

Une stratégie en trois axes

Dans son communiqué, Canal+ annonce entrer dans une phase d’exécution de sa stratégie. En Europe, l’objectif est d’améliorer la rentabilité. Trois pistes sont évoquées, trois leviers de croissance qui pourrait drastiquement changer l’expérience utilisateur. Première idée : faire naître une offre supportée par la publicité. Le modèle s’est imposé dans le domaine de la SVoD depuis quelques années, permettant aux géants comme Netflix, Prime Video ou Disney+ d’offrir des abonnements moins chers tout en diversifiant leurs sources de revenus. Canal+ est déjà bien implanté sur le secteur de la publicité, forte de son expérience dans le linéaire. L’arrivée d’une formule de streaming avec pub lui permettrait d’attirer un nouveau public aux revenus plus modestes.

La deuxième option est moins réjouissante, il s’agirait d’une augmentation des prix ciblée. Enfin, il y a cette idée d’une restriction du partage de compte en dehors d’un même foyer. L’information a déjà fait les gros titres et Maxime Saada tempère sur X. Il répond à la publication de Sacha Nokovitch, journaliste à L’Équipe, que ce n’est pas encore d’actualité. “Simplement le constat que beaucoup l’ont mis en oeuvre. Pas nous”. Celles et ceux qui distribuent leurs codes et ceux qui en profitent sont pour le moment hors d’atteinte. Rappelons tout de même que Canal+ avait modifié ses conditions d’utilisation en décembre dernier pour y inclure la mention suivante :

“L’abonné est responsable de toute activité sur son compte, y compris en cas d’abonnement donnant droit à plusieurs connexions simultanées, et il lui appartient de contrôler l’accès à son compte, notamment pour s’assurer que l’usage reste à tout moment strictement privé et au sein du même foyer, et conforme ainsi au nombre de connexions simultanées autorisées et que personne n’accède aux informations rattachées à son compte”.

Les oiseaux de mauvais augure diront que c’est aussi ce qu’avaient fait Netflix et Disney+ peu de temps avant de lancer leurs vastes opérations de répression du partage de mots de passe. Interrogé par Numerama, Canal+ indique : “Il s’agit d’une piste d’augmentation du chiffre d’affaires potentielle mais aucune décision n’a été prise”. Reste à voir maintenant quelle stratégie adoptera l’entreprise française et quelles seront les conséquences sur sa place dans le secteur de la SVoD à une heure où le recours aux IPTV illégales continue de grimper.

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