Passer au contenu

Revolut priée de ralentir : la BCE a discrètement serré la vis à la fintech

Avant, quand Revolut voulait lancer un nouveau produit, il suffisait presque d’appuyer sur un bouton. La Banque centrale européenne (BCE) a visiblement estimé que la fintech britannique avait pris un peu trop goût à cette méthode. L’an dernier, le régulateur a discrètement imposé plusieurs restrictions à la branche européenne de Revolut, inquiet de la façon dont la banque validait ses nouveautés.

La croissance de Revolut donne le tournis. Fondée en 2015, l’entreprise revendique aujourd’hui 75 millions de clients dans le monde, enchaîne les lancements de services financiers et affiche une valorisation estimée à 115 milliards de dollars. Une réussite qui ferait pâlir plus d’une banque centenaire. Mais selon le Financial Times, cette vitesse de croisière n’a pas totalement convaincu Francfort.

Quand la BCE demande de lever le pied

L’été dernier, la BCE aurait temporairement limité la capacité de Revolut à lancer de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. La banque aurait été priée de corriger plusieurs faiblesses dans ses procédures d’approbation avant de poursuivre ses déploiements à plein régime. Le superviseur européen aurait également exigé un audit indépendant des équipes chargées des risques, de la conformité et des aspects juridiques liés aux nouveaux produits.

Et ce n’était pas tout. Pour ses activités situées hors de l’Espace économique européen, Revolut aurait subi des restrictions encore plus sévères. Impossible, selon les informations du quotidien britannique, de recruter de nouveaux clients ou de réaliser des acquisitions dans certains marchés extérieurs. La BCE refuse de commenter. Revolut, de son côté, assure travailler « en continu » avec ses régulateurs et rappelle son engagement envers les standards les plus élevés en matière de gouvernance et de gestion des risques. Difficile toutefois de ne pas voir dans cet épisode un petit rappel à l’ordre adressé à une entreprise qui aime aller vite.

Le patron de Revolut, Nik Storonsky, n’a jamais caché son admiration pour les méthodes de la Silicon Valley. Dans un podcast publié fin 2024, il comparait ses salariés à des « missiles autoguidés » capables d’atteindre seuls leurs objectifs. Une philosophie qui fonctionne plutôt bien lorsqu’il s’agit de lancer rapidement de nouveaux services. Un peu moins lorsqu’il faut convaincre des superviseurs bancaires dont le métier consiste précisément à poser des questions avant d’appuyer sur le bouton « valider ».

D’après le FT, la BCE souhaitait notamment que Revolut renforce l’intervention d’experts internes dans le processus d’approbation des nouveaux produits. Le régulateur aurait aussi demandé à l’entreprise d’évaluer si ses effectifs, ses compétences et ses mécanismes de contrôle étaient réellement adaptés à son rythme de croissance.

L’autorité européenne voulait également que le conseil d’administration examine plus attentivement les conséquences des nouveaux services sur les réserves de capital et la liquidité du groupe. Cette prudence n’est pas nouvelle. Au Royaume-Uni, les autorités ont longtemps hésité avant d’accorder à Revolut une licence bancaire complète. Celle-ci n’est finalement arrivée qu’au printemps dernier, après plusieurs années de négociations.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode