Des années qu’Elon Musk en parle. Depuis le rachat de Twitter en 2022, la promesse d’une “super-application” à l’occidentale revenait à chaque conférence, sans jamais se concrétiser vraiment. Cette fois, la date est posée. Le 10 mars 2026, Musk a publié sur X un message encourageant : le mois prochain, avril, X Money ouvrira ses portes. Mais c’est quoi exactement ?
Le projet ne sort pas de nulle part. Une bêta fermée tourne en interne depuis le début de l’année, et des captures d’écran circulent déjà sur le réseau social. La promesse de cette néobanque du futur est de tout simplifier en matière d’argent, à condition de bien vouloir fournir certaines infos sensibles à l’empire d’Elon Musk.
𝕏 Money early public access will launch next month
— Elon Musk (@elonmusk) March 10, 2026
Un sérieux concurrent à PayPal ?
À son lancement, X Money se présentera comme un portefeuille numérique intégré directement à l’application X. Il sera possible de réaliser des transferts d’argent entre particuliers, des dépôts bancaires assurés par la FDIC jusqu’à 250 000 dollars, et d’obtenir une carte de débit Visa avec un cashback de 3 % sur les achats. Le tout sans frais de transaction à l’étranger.
La promesse la plus aguicheuse reste le rendement annuel de 6 % sur les soldes déposés. C’est considérablement plus élevé que la quasi-totalité des comptes d’épargne américains classiques, qui gravitent souvent autour de 4 à 4,5 %. Pour les utilisateurs, l’idée est simple : conserver son argent directement dans l’application tout en le voyant fructifier, sans avoir à jongler entre plusieurs plateformes.
Sur le plan réglementaire, X ne se lance pas à l’aveugle. Sa filiale X Payments a obtenu des licences de transmetteur de fonds dans plus de 40 États américains, une étape juridique que la plupart des start-ups fintech ne franchissent jamais. C’est le sésame indispensable pour proposer des services comparables à Venmo ou Cash App sans se faire bloquer par les régulateurs.
Mais où est la crypto ?
Ce que X Money ne proposera pas, du moins au lancement, c’est la crypto. Une situation d’autant plus surprenante que Musk est historiquement associé au Dogecoin, qu’il a plusieurs fois propulsé via ses publications. Quand l’annonce d’avril a été faite, le DOGE a d’abord bondi de 8 % avant de retomber aussitôt, faute de confirmation. Car X Money, tel qu’il est décrit, ressemble davantage à une banque traditionnelle qu’à un portefeuille crypto. Musk a récemment relayé des prévisions sur les futures fonctionnalités de la plateforme, incluant des comptes de marché monétaire, des prêts, et une intégration des cryptomonnaies, mais rien n’est confirmé à ce stade.
PayPal, la boucle bouclée
Pour comprendre l’ambition de Musk, il faut remonter à 1999. À cette époque, il fonde X.com, un service bancaire en ligne. L’entreprise fusionne avec Confinity pour devenir PayPal, avant d’être rachetée par eBay pour 1,5 milliard de dollars.
Le rachat de Twitter et son changement de nom en X s’inscrivent dans une logique de revanche. L’atout maître de X Money face à des concurrents comme Revolut, PayPal ou Cash App, c’est son canal de distribution : 600 millions d’utilisateurs actifs mensuels sur X, sans avoir à convaincre qui que ce soit de télécharger une nouvelle application. Aucune néobanque au monde ne dispose d’un tel point de départ.
Reste deux inconnues de taille : est-ce que le projet tiendra, une fois l’effet de nouveauté passé ? et surtout, qui est vraiment prêt à confier toutes ses économies au patron de Tesla ?
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