Pas de canon anti-drone ni de brouilleur dernier cri ici. Avec Drone Guardian, Orange Business joue une autre partition : celle de la détection et du pilotage. L’idée n’est pas de neutraliser directement un appareil, mais de fournir une vision claire et exploitable de ce qui se passe dans le ciel à basse altitude.
Un réseau de pylônes transformé en vigie
Pour y parvenir, l’opérateur assemble plusieurs briques qu’il maîtrise déjà. D’un côté, une connectivité sécurisée qu’il gère de bout en bout. De l’autre, un centre d’opérations basé en France, chargé de traiter les données en temps réel. Le tout repose sur Cloud Avenue SecNum, une plateforme cloud souveraine hébergée à Grenoble et certifiée par l’ANSSI.
Les capteurs (Orange reste discret sur leur nature) alimentent un système de commandement et de contrôle (C2). Les informations sont consolidées puis redistribuées aux équipes de sécurité sous la forme d’une cartographie en temps réel de l’activité aérienne.
L’autre atout de Drone Guardian, c’est son déploiement. Plutôt que de demander à chaque client d’installer son propre système, Orange s’appuie sur ses infrastructures existantes. Les 19.700 sites exploités par TOTEM en France, et plus de 27.000 avec l’Espagne, servent de points hauts pour accueillir les capteurs. Toits d’immeubles, pylônes, tours : ces emplacements offrent une meilleure visibilité, notamment en ville où les obstacles et les interférences compliquent la détection. Résultat, une couverture plus large sans multiplier les installations sur chaque site à protéger.
Le modèle économique suit la même logique. Drone Guardian est proposé sous forme d’abonnement, ce qui limite l’investissement initial. L’offre vise un public assez large : opérateurs d’importance vitale, services essentiels, organisateurs de grands événements ou encore institutions publiques. Orange insiste aussi sur la souplesse de sa plateforme : l’architecture est conçue pour évoluer, avec l’ajout possible de nouveaux capteurs, de modules logiciels ou d’outils d’analyse basés sur l’IA. Le groupe évoque également l’usage de jumeaux numériques pour modéliser les zones sensibles et anticiper les trajectoires de drones.
À plus long terme, l’opérateur regarde du côté de la 5G, avec des fonctions de « radio-sensing » qui permettraient d’utiliser le réseau lui-même comme capteur. Drone Guardian n’est donc pas une solution « tout-en-un » capable d’arrêter un drone en vol. Mais ce n’est pas vraiment l’objectif. Dans de nombreux cas, l’intérêt réside dans la capacité à détecter une intrusion suffisamment tôt pour déclencher une intervention des autorités.
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