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Val Kilmer de retour à l’écran avec l’IA : le pari malaisant du film « As Deep as the Grave »

Et si un acteur disparu pouvait tout de même tenir son rôle à l’écran ? « As Deep as the Grave » tente l’expérience avec Val Kilmer, recréé par intelligence artificielle avec l’accord de sa famille. Une initiative pour le moins dérangeante, alors qu’Hollywood est encore partagé sur le sujet.

Dans la bande-annonce de As Deep as the Grave, dévoilée au CinemaCon il y a quelques jours, un visage bien connu refait surface : celui de Val Kilmer. Pourtant, l’acteur est décédé l’an dernier et il n’a jamais tourné une seule scène du film. À l’origine, Kilmer devait incarner le père Fintan, un prêtre catholique aux liens étroits avec la spiritualité amérindienne. Un rôle pensé pour lui dès le départ par le réalisateur Coerte Voorhees. Mais la maladie a rapidement rendu le tournage impossible.

Un retour inattendu à l’écran

Plutôt que de revoir leur copie, les équipes ont choisi une autre voie : recréer sa performance à l’aide d’images d’archives et d’outils d’IA. Résultat, l’acteur apparaît à différents moments du film, sous plusieurs formes, et même à différents âges. Une présence loin d’être anecdotique : son personnage occuperait plus d’une heure à l’écran.

Le projet ne s’est pas fait dans le dos de la famille. Au contraire, la fille de l’acteur, Mercedes Kilmer, a soutenu la démarche. Selon elle, son père voyait dans ces technologies un moyen d’aller plus loin dans la narration. « Il aurait voulu en faire partie », assure-t-elle. Les réalisateurs insistent également sur le cadre : l’utilisation de l’image et de la voix de Val Kilmer a été validée par ses ayants droit et encadrée par les recommandations du syndicat SAG. La production a par ailleurs rémunéré la succession de l’acteur.

Sur le plan technique, le travail ne s’est pas limité à l’image. La voix, affaiblie par une intervention liée à son cancer, a elle aussi été recréée pour rester fidèle à ce que le public connaît. Une continuité qui colle d’ailleurs au personnage, lui-même atteint d’une maladie dans le film. Pour l’équipe, le choix de l’IA s’est imposé assez naturellement. Le tournage, étalé sur plusieurs années et ralenti par la pandémie, ne permettait pas de retourner certaines scènes. « Nous ne pouvions pas simplement repartir avec un autre acteur », résume le producteur John Voorhees.

Difficile toutefois d’ignorer ces images pour le moins dérangeantes d’un mort revenu à la vie grâce à l’IA. À Hollywood, l’intelligence artificielle reste un sujet sensible. Inquiétudes sur l’emploi des acteurs, craintes liées à l’utilisation de leur image… le débat est loin d’être tranché. As Deep as the Grave se positionne du côté d’un usage encadré, avec l’idée de montrer qu’une autre approche est certes possible… mais est-elle souhaitable ?

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Source : Variety

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