En moins de deux mois, le prix du kérosène a flambé. Depuis le 28 février 2026, date à laquelle les frappes militaires américaines et israéliennes ont conduit à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, les tarifs sont passés de 750 $ à près de 1 900 $ la tonne, soit une hausse de 122 % en quelques semaines.
Dimanche 26 avril, Transavia, la filiale low-cost du groupe Air France-KLM, a confirmé ce que beaucoup redoutaient : la compagnie va procéder à des annulations de vols sur la période mai-juin 2026. « En raison du contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient et de ses répercussions sur le prix du carburant d’aviation, Transavia France adapte son programme de vols », a indiqué un porte-parole à l’AFP. Les annulations concernent « moins de 2 % du programme de vols sur la période », précise la compagnie, qui promet d’informer chaque passager concerné par SMS et e-mail, avec la possibilité d’un report sans frais, d’un avoir ou d’un remboursement intégral. En attendant, ce sont vos vacances qui vont en pâtir.
Un détroit qui paralyse un continent entier
Pour comprendre pourquoi une compagnie aérienne annule des vols à cause d’une guerre au Moyen-Orient, il faut s’intéresser à l’un des points névralgiques du conflit : le détroit d’Ormuz, entre l’Iran et le sultanat d’Oman, concentre à lui seul près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. Et pour l’Europe en particulier, c’est encore plus critique, puisque 40 % des importations européennes de kérosène transitent par ce passage maritime. Le blocage du détroit n’a pas eu d’effet que sur les préservatifs, et les alternatives, si elles existent, sont limitées. Au point que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a tiré la sonnette d’alarme : l’Europe ne disposerait plus que de six semaines de réserves de kérosène.
Transavia est loin d’être la seule compagnie à avoir dû adapter ses vols. La compagnie scandinave SAS a annoncé l’annulation d’au moins un millier de voyages. Lufthansa a fermé sa filiale régionale CityLine et mis hors service ses appareils les plus énergivores. Eurowings a également réduit certaines liaisons. La Commission européenne devait présenter en fin de semaine un plan de gestion de la crise, tandis que le commissaire européen Dan Jorgensen a prévenu que l’UE « s’approchait très rapidement » d’une potentielle crise d’approvisionnement.
Que faire si vous aviez prévu de voyager ?
Pour ceux dont les vols ne sont pas annulés, la facture va grimper quand même. Selon les premières estimations, les tarifs aériens pourraient augmenter de 5 à 10 % cet été. Si le détroit reste bloqué et que les réserves européennes passent sous un seuil critique, le vieux continent pourrait imposer des priorités d’approvisionnement par aéroport ou par compagnie. Ce qui ouvrirait la voie à des annulations massives, bien au-delà des 2 % dont il est question aujourd’hui. Si vous avez déjà réservé, surveillez votre boîte mail. Pour celles et ceux qui planifiaient des vacances en juillet ou août, pensez sérieusement à les décaler.
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