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Tabac, salaires, congé naissance… tout ce qui change au 1er juin 2026

Entre nouvelles hausses sur les cigarettes, transparence salariale et premiers effets d’une réforme des retraites suspendue, juin 2026 est un mois chargé.

Tabac : encore une hausse

La Direction générale des douanes impose de nouveaux tarifs au 1er juin 2026, quelques mois seulement après une première hausse en janvier. Le mouvement est progressif mais constant : certains paquets de cigarettes voient leur prix grimper de quelques centimes à plus d’un euro d’un coup.

Ces ajustements s’inscrivent dans une stratégie de long terme visant à décourager la consommation par les prix. Sur le papier, l’intention est louable. En pratique, les hausses répétées alimentent aussi le marché parallèle et la contrebande, phénomène que les douanes elles-mêmes peinent à endiguer. Le tout sans réellement décourager les consommateurs. Pour les fumeurs réguliers, le cumul des hausses depuis le début de l’année commence à peser sérieusement sur le budget mensuel.

Salaires : une directive européenne que la France ne respectera pas

C’est l’un des chantiers les plus importants de l’année pour le monde du travail, et il accuse déjà du retard. La directive européenne sur la transparence des rémunérations imposait aux États membres de se conformer à ses exigences d’ici le 7 juin 2026. La France ne sera pas prête. Le ministre du Travail a lui-même reconnu que la loi de transposition serait “au moins engagée avant l’été et votée au plus tard à la rentrée 2026”. Autrement dit, la date butoir est d’ores et déjà ratée.

Les entreprises devront désormais afficher les fourchettes salariales dans toutes leurs offres d’emploi. Elles ne pourront plus demander à un candidat quel était son salaire dans son poste précédent. Les salariés auront accès aux critères de rémunération et aux niveaux moyens pratiqués pour des postes comparables. Si un écart de rémunération supérieur à 5 % est constaté entre hommes et femmes sans justification objective, une évaluation conjointe avec les représentants du personnel deviendra obligatoire.

Congé naissance

Officiellement créé en 2026, le congé supplémentaire de naissance s’activera d’ici quelques semaines. Ce nouveau dispositif permet à chaque parent de bénéficier d’une période additionnelle pouvant aller jusqu’à deux mois, rémunérée à 70 % du salaire le premier mois et à 60 % le second. Il s’agit d’un complément aux congés déjà existants, et non d’un remplacement. Ce congé ne peut d’ailleurs être pris qu’après l’épuisement de ces droits préexistants.

Le dispositif présente une largeur d’accès notable : il concerne l’ensemble des assurés actifs, c’est-à-dire non seulement les salariés du secteur privé, mais aussi les travailleurs indépendants, les agents contractuels de droit public et les artistes-auteurs. Pour les enfants nés ou arrivés au foyer entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le congé pourra être pris à compter du 1er juillet et jusqu’au 31 mars 2027. Attention, vous devez informer votre employeur avant le 1er juin.

RSA et retraites : des changements qui démarrent discrètement

La revalorisation du RSA appliquée au 1er avril 2026 (+0,8 %) commence à produire ses effets concrets en juin. En cause, le fonctionnement trimestriel du mode de calcul de la prestation : ce n’est qu’au moment du renouvellement de la déclaration trimestrielle de ressources que le nouveau montant est pris en compte. Un allocataire seul sans autres ressources voit son allocation mensuelle passer de 646,52 € à 651,69 €, soit un gain de 5,17 € par mois. Le montant reste modeste, mais le mécanisme décalé de la CAF et de la MSA fait que, pour une partie des bénéficiaires, juin 2026 est le premier mois où ce changement apparaît sur leur relevé.

Du côté des retraites, c’est une autre forme de changement qui s’opère. La réforme de 2023, qui avait repoussé l’âge légal à 64 ans, est suspendue jusqu’en 2028. Concrètement, cet âge ne s’appliquera plus aux personnes nées en 1968, mais uniquement à celles nées à partir de 1969. Pour les générations 1964 à 1968, l’âge légal est désormais fixé entre 62 ans et neuf mois et 63 ans et neuf mois selon l’année de naissance. Au total, 2,2 millions de personnes seraient concernées par cette suspension, dont près de 1,2 million qui anticiperaient leur départ d’environ trois mois en moyenne. Les effets commenceront à se faire sentir à partir du 1er septembre 2026, date d’entrée en vigueur officielle.

Facturation électronique : le compte à rebours est lancé pour les entreprises

Le 1er septembre 2026 marque le début d’une bascule majeure pour le tissu économique français : l’obligation d’émettre et de recevoir des factures électroniques via des plateformes agréées. Grandes entreprises et ETI seront les premières concernées par l’obligation d’émission. Les PME et micro-entreprises suivront un an plus tard, au 1er septembre 2027. Mais l’obligation de réception, elle, s’applique à toutes les entreprises dès septembre 2026, sans exception.

Côté sanctions, l’absence de plateforme agréée expose l’entreprise à une amende de 500 € dès le premier jour de non-conformité, puis à 1 000 € tous les trois mois. Chaque facture non dématérialisée coûte 15 €, et chaque manquement entraîne une pénalité de 250 €. En théorie, le dispositif concerne plus de sept millions d’entreprises établies en France. En pratique, le compte à rebours est déjà entamé, et les acteurs qui n’ont pas encore sélectionné leur plateforme parmi celles agréées par l’administration fiscale jouent avec le feu.

Dernière chance pour les impôts

Vous n’avez plus que quelques jours pour déclarer vos impôts. Si vous habitez dans l’un des départements de la troisième et dernière vague, c’est-à-dire compris entre les numéros 55 et 976, vous avez jusqu’au jeudi 4 juin 2026 à 23h59 pour déclarer vos revenus en ligne. Passé ce délai, les majorations s’appliquent.

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